Les têtes baissées: yeux fermés

La pièce Les têtes baissées, présentée au Prospero.... (Photo Caroline Laberge, présentée par le Prospero)

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La pièce Les têtes baissées, présentée au Prospero.

Photo Caroline Laberge, présentée par le Prospero

La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

Portée par la mise en scène de Louis-Karl Tremblay, la première pièce de Mickael Lamoureux arrive à se frayer, peu à peu, un chemin jusqu'au coeur.

Une femme à laquelle tout le monde tourne le dos. Une femme dont le passé tragique, insupportable, amène son entourage à baisser la tête et à fermer les yeux. Une famille entière qui se tait.

Parmi ces naufragés de l'âme, un jeune homme profondément troublé, sans qu'il sache pourquoi, essaie de comprendre, de se comprendre et, ensuite, de lever le voile sur ce qui est arrivé à sa mère victime d'agressions à répétition.

La famille névrosée de cette première pièce de Mickael Lamoureux renvoie parfois aux personnages de l'univers de Michel Tremblay, première époque. La justesse des dialogues convainc.

Par contre, la construction dramatique laisse à désirer. Même si les personnages paraissent vraisemblables, on ne sait rien du contexte social qui est le leur.

On se demande notamment pourquoi l'auteur a misé sur le personnage du fils plutôt que sur celui de la mère comme pivot central du récit. Cela fait en sorte, à notre humble avis, que l'intrigue, mal plantée, déboule trop vite au début et s'enlise un peu vers la fin.

Tableau tragique

La mise en scène de Louis-Karl Tremblay parvient à camoufler les failles du texte. Avec quelques chaises, tables et bouteilles de Kik Cola, il fait se mouvoir savamment cette faune rageuse entre silence et cris, détresse et tristesse.

Il s'agit là d'un monde renfermé où certains croient que l'inceste fait partie de la vie.

Cette vie où il vaut mieux s'arranger toujours « pour être celui qui aime le moins ».

Malgré quelques bafouillages de soir de première, mardi dernier, l'auteur et comédien Mickael Lamoureux porte fièrement sa partition, appuyé en cela par l'excellente Marie-France Marcotte, la mère, et Lise Roy, en spectaculaire mamie égocentrique.

Dans des rôles plus effacés ou ingrats, Jean Maheux, Muriel Dutil et Luc Morissette complètent bien ce tableau tragique, sans grand espoir d'éclaircie.

Une pièce de Mickael Lamoureux. Mise en scène de Louis-Karl Tremblay. Au Théâtre Prospero jusqu'au 9 mai.

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