Denis Marleau de retour à la Comédie-Française

Denis Marleau signe à la Comédie-Française la mise... (Photo: François Roy, archives La Presse)

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Denis Marleau signe à la Comédie-Française la mise en scène de la pièce Innocence de la dramaturge Dea Loher.

Photo: François Roy, archives La Presse

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(Paris) Une ville du nord. La mer, qui avale les vivants et recrache les morts. Une tour des suicidés. Une diabétique amputée qui se rêve pompiste, pour tout faire exploser avec une bonne cigarette. Des sans-papiers qui se lient d'une amitié improbable avec une strip-teaseuse aveugle au grand coeur.

Pas de doute, Innocence, de l'Allemande Dea Loher, est une pièce dense, sombre, même si elle est traversée d'humour. C'est aussi une mise en scène ambitieuse et exigeante que signe Denis Marleau, invité pour la deuxième fois par «le Français», comme on appelle à Paris la Comédie-Française.

«C'est une pièce extrêmement complexe, une pièce d'aujourd'hui, où la culture de la représentation n'existe pas. Je suis content d'avoir fait le parcours que j'ai fait avant de la mettre en scène», explique Denis Marleau.

À Montréal, Denis Marleau a en effet mis en scène sa première pièce de Dea Loher en 2013: Le dernier feu. La dramaturge allemande est l'un des rares écrivains à entrer dans le répertoire de la Comédie-Française de son vivant.

Abonné aux mises en scène ambitieuses, ingénieuses, faisant appel à la technologie, Denis Marleau a quant à lui fait son entrée à la Comédie-Française en 2011 avec une pièce du répertoire antique, Agamemnon, de Sénèque.

«Après avoir fait Le dernier feu, ça m'a paru évident, se souvient Denis Marleau. J'ai été happé [par Innocence]. Je ne suis pas un lecteur particulièrement bon dans une première lecture. Je reçois l'oeuvre sans en comprendre tous les fonctionnements poétiques. Mais ce qui est important, c'est l'émotion, très forte, qu'on reçoit.»

Sur scène pendant 2 heures 20

Innocence met en scène pas moins de 12 personnages, qui s'animent au fil des scènes. Les 12 comédiens restent en tout temps sur scène, entourés des écrans sur lesquels sont projetés ponctuellement des dessins animés. Pour une pièce de 2 heures 20 sans entracte, c'est une performance physique qu'il faut saluer.

Denis Marleau rit quand nous le soulignons. La salle Richelieu accueille des spectacles de la Comédie-Française joués en alternance. «Tout l'espace des coulisses est partagé entre plusieurs spectacles», dit Denis Marleau.

Quelques chaises, quelques planches habillent la scène, du reste dépouillée, dans un contraste assez saisissant avec les dorures et velours de la salle Richelieu. Nous sommes après tout au coeur du Palais-Royal, imposant ensemble monumental construit par Richelieu.

À cette raison pratique de garder les acteurs sur scène s'est évidemment ajoutée une raison artistique: «Les personnages habitent un espace commun. Ils peuvent errer, s'absenter, mais je voulais développer cet espace de vie», poursuit M. Marleau.

Des costumes signés Gaultier

Premier metteur en scène canadien invité à la Comédie-Française, Denis Marleau amène avec lui plusieurs talents québécois. Citons bien sûr Stéphanie Jasmin, la codirectrice de la compagnie UBU, qui a cosigné plusieurs mises en scène de Denis Marleau, ou Pierre Laniel, à qui l'on doit l'intégration des projections vidéo. Mais aussi de jeunes talents, comme le musicien et compositeur Jérôme Minière, ou Félix Dufour-Laperrière, qui signe les dessins d'animation de la pièce.

Denis Marleau a noué des liens avec le créateur parisien Jean Paul Gaultier pour l'exposition qui lui est consacrée à Paris. Gaultier signe les costumes de la pièce - des vêtements en apparence sobres, qui portent toutefois sa griffe et ont quelque chose de singulier.

Denis Marleau envisage-t-il une nouvelle collaboration à la Comédie-Française? Diplomate, celui que l'on retrouve dans l'un des nombreux bureaux du Palais Royal, où l'on a l'embarras du choix côté fauteuil de velours rouge, répond finement: rien de prévu pour le moment.

Un «opéra fasmagorique» au FTA en 2016

Habitué aux scènes européennes, Denis Marleau prépare maintenant son prochain projet, L'autre hiver, un opéra fantasmagorique du XXIe siècle, qui doit être présenté à Mons, capitale européenne de la culture cette année, en mai. Un projet imposant: pas moins de 28 mannequins - sur lesquels on projettera des vidéos de chanteurs lyriques - composent le coeur de ce projet. Normand Chaurette signe le livret de L'autre hiver, qui sera présenté l'an prochain au Festival TransAmériques, à Montréal. «On est dans l'expérience pure», se réjouit Marleau.

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Innocence, de Dea Loher, jusqu'au 1er juillet 2015 à Paris.

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