Épopée Nord: délire collectif!

Le plaisir évident que tous les comédiens ont... (Photo Josée Lecompte, fournie par le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui)

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Le plaisir évident que tous les comédiens ont de partager la scène dans la pièce délirante Épopée Nord est palpable et contagieux.

Photo Josée Lecompte, fournie par le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

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L'ambiance était festive mercredi soir dans la petite salle Jean-Claude Germain où le Théâtre du futur et ses deux prestidigitateurs, Olivier Morin et Guillaume Tremblay, ont accueilli les spectateurs avec du sucre à la crème et des shooters de caribou (à 2$)!

Leur pièce Épopée Nord, racontée sur fond de musique traditionnelle, est centrée sur le soulèvement des Premières Nations. Rien de moins. Un programme riche en rebondissements, orchestré par le filiforme Navet Confit, dans une salle aménagée en salon kitsch.

En vérité, c'est à une véritable soirée de conte que les créateurs de L'assassinat du président et de Clotaire Rapaille, l'opéra rock nous convient pour cet ultime chapitre de la tumultueuse histoire de la République du Québec.

Une histoire abracadabrante, étourdissante, un brin échevelée aussi, qui se passe en 2035, 10 ans après la disparition de Fred Pellerin dans le Grand Nord québécois, d'où il n'est jamais revenu après avoir fait une tournée. Vous l'aurez bien compris, on nage ici dans les eaux de l'absurde.

La population amérindienne du Québec se multiplie à un rythme effarant. Passant de 75 000 habitants à 2 millions, puis à 8 millions d'habitants. Eh oui, le pire arrive: le Blanc québécois dit de souche est désormais une minorité et vit dans une réserve à Drummondville. Et vlan!

Mais que se passe-t-il? Les autorités évoquent l'existence de laboratoires de clonage. Une thèse renforcée par l'apparition de 7 Fred Pellerin! Le ministre des Affaires indiennes et du Sport s'en mêlera. Jocelyne Cazin, malgré son âge vénérable, fera enquête. Denis Lévesque multipliera les entrevues...

Plaisir contagieux

Impossible de vous narrer toutes les aventures rocambolesques de ce peuple schizophrène qui vit mal ses multiples identités. Mais le résultat, malgré ses nombreuses digressions et ses blagues parfois confidentielles, est tout à fait divertissant et force l'admiration.

Olivier Morin est la vedette de ce conte, hilarant dans ses parodies de Denis Lévesque et Jean Leloup, comme dans l'ensemble de ses rôles parlants ou chantants. Myriam Fournier est elle aussi solide dans chacune de ses interprétations. Les deux comédiens tiennent cette production à bout de bras.

Le jeu des autres comédiens est plus inégal, même s'il n'y a pas catastrophe. Guillaume Tremblay, hésitant, offre une savoureuse parodie de Richard Desjardins. Idem pour Virginie Morin, qui fait chou blanc dans le rôle de la journaliste, mais qui se retrouve dans son élément dans le rôle de la chanteuse Matantax.

Quant à Navet Confit, même s'il s'en sort honorablement dans le rôle de Lucifer, c'est tout de même pour ses talents musicaux qu'on l'apprécie.

Le plaisir évident qu'ils ont tous de partager la scène dans cette pièce délirante est palpable et contagieux. Même si, oui, on se demande parfois où ils s'en vont avec leurs skis. On aurait aussi aimé voir des comédiens de minorités visibles délirer avec eux sur les thèmes de l'identité et de l'inclusion. Mais bon, ce sera peut-être pour 2035...

À la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d'Aujourd'hui, jusqu'au 20 février.

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