Quand je pense qu'on va vieillir ensemble: être ou ne pas être

C'est maculés de sang que les acteurs de... (Photo: fournie par l'Usine C)

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C'est maculés de sang que les acteurs de Quand je pense qu'on va vieillir ensemble se présentent au public, pour une soirée de sketchs burlesques et cruels.

Photo: fournie par l'Usine C

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Luc Boulanger
La Presse

Être ou ne pas être? Telle est la question que les membres des Chiens de Navarre semblent poser avec leur création collective intitulée Quand je pense qu'on va vieillir ensemble. De passage pour la première fois au Québec, la troupe française propose, ce soir et demain à l'Usine C, ce spectacle à la fois hilarant et désespéré, absurde et provocateur. À l'image de la condition humaine.

Mariage de sketchs burlesques et de théâtre de la cruauté, la pièce dirigée par le metteur en scène Jean-Christophe Meurisse, à partir d'improvisations avec les interprètes, s'inspire d'un court texte de Stig Dagerman, Notre  besoin  de  consolation  est  impossible  à  rassasier. Un essai lucide et sombre à partir duquel il a distillé l'énergie  du  désespoir de l'auteur suédois (mort d'un suicide à 31 ans). Pour en faire un cabaret jouissif d'où jaillit des étincelles de vie.

L'Homme est un animal social qui cherche inexorablement à s'adapter à un monde parfois hostile, afin de moins souffrir. C'est un peu le message de cette création qui commence dans le bruit et la fureur. À l'instar, des spectacles du chorégraphe Dave St-Pierre, les huit solides interprètes accueillent le public avant le lever du rideau. Ils se déplacent dans les gradins pour l'interpeller, voire le provoquer, les visages et les membres maquillés de sang, avant de se lancer dans un numéro hard rock et lubrique.

Rupture de ton. Le tableau suivant présente un sketch de croissance personnelle très loufoque, mais un peu long, durant lequel la quête de l'équilibre est une arnaque.

Un autre sketch sur des techniques d'entrevues au travail va encore plus loin dans le burlesque. Et se conclut dans le plus grand désordre.

L'homme animal

L'un des tableaux les plus réussis expose une scène de ménage classique d'un couple dans une voiture avec leurs chiens sur la banquette arrière (les quadrupèdes sont défendus par deux acteurs). À la fin, alors que la Cinquième Symphonie de Mahler bat la mesure, on ne distingue plus les humains des bêtes, la pudeur de l'animalité. Puis, un couple se dénude et s'enlace sur matelas sans draps, déposé au sur la terre, dans une lumière blafarde. On ne sait plus si il y a de la chaleur et de la tendresse, ou bien du vide et du désespoir, dans leur étreinte nue.

Le metteur en scène Jean-Christophe Meurisse nous avait prévenu: «Les  Chiens  de  Navarre  tentent  l'expérience  spectaculaire  de  la  réconciliation  avec  soi-même. Pour mieux interroger l'enfant triste qui claque des dents en nous.» À la fin de la pièce, les interprètes ont modulé leur voix et semblent agir comme des automates. Prêts à tout, en somme, pour s'accrocher à une portion vie, pour afin trouver la consolation nécessaire pour continuer à vivre et affronter le monde.

Finalement, il y a un étrange croisement entre  Buster Keaton et Antonin Artaud dans cette proposition drôle et désespérée...

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Les 26 et 27 novembre à l'Usine C.

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