CINARS a 30 ans: un tremplin pour la scène internationale

Opus, de la troupe de cirque australienne CIRCA,... (Photo: fournie par la TOHU)

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Opus, de la troupe de cirque australienne CIRCA, fait partie des nombreux spectacles qui ont été présentés à Montréal dans le cadre du volet OFF-CINARS.

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Luc Boulanger
La Presse

Le foyer de l'hôtel Reine-Elizabeth fourmillait d'activité la semaine dernière, à l'occasion de la 16e Biennale CINARS (Conférence internationale des arts de la scène). Lancé avec un hommage à ce grand ambassadeur du théâtre québécois nommé Robert Lepage - le metteur en scène a participé à CINARS dès 1986, en y présentant un extrait de La Trilogie des Dragons -, l'événement s'est déroulé durant six jours dans une ambiance propice aux échanges, au «réseautage» et, surtout, aux découvertes.

Au total, plus de 1300 professionnels (artistes, diffuseurs, exposants et directeurs artistiques) venus de 40 pays ont participé à cette édition anniversaire. En effet, depuis 1984, CINARS organise à Montréal l'un des plus importants marchés des arts de la scène au monde (avec ceux de Tokyo, Brisbane, Séoul et New York). Un showcase qui permet aux compagnies québécoises (en danse, théâtre, musique et cirque) d'organiser des tournées internationales, en plus de favoriser la création de liens durables avec des diffuseurs et des festivals étrangers.

«Au fil des ans, CINARS a été un tremplin pour de nombreux fleurons artistiques québécois, se réjouit Alain Paré, cofondateur et PDG de CINARS. Pensons à La La La Human Steps, Dave St-Pierre, Les 7 Doigts de la Main, Carbone 14... Les diffuseurs d'ailleurs qui nous visitent pour la première fois sont surpris de voir qu'un petit peuple peut produire autant de créations de qualité, ajoute Paré. Je leur réponds toujours que c'est une question de survie: le Québec est condamné à développer sa créativité et son originalité.»

Le programmateur de danse hollandais Jaap Van Baasbak en était à son 10e CINARS cette année. Au fil du temps, il a fait venir à Amsterdam plusieurs artistes et chorégraphes québécois, tels Édouard Lock, Frédérik Gravel, Louise Lecavalier, Dave St-Pierre, Virginie Brunelle, Daniel Léveillé et Marie Chouinard.

Cette dernière était d'ailleurs porte-parole de CINARS 2014. Elle a insisté sur l'importance de CINARS pour sa compagnie et pour d'autres, comme Danse-Cité, Montréal Danse, Pierre-Paul Savoie Danse. «La diffusion internationale est un enjeu important pour la survie et la santé des compagnies des arts de la scène. Le développement de tournées à l'étranger nécessite le travail de plusieurs alliés, s'échelonnant sur de nombreuses années», a-t-elle dit.

Un shopping créatif

En plus de la sélection officielle de 23 spectacles provenant de 12 pays, quelque 80 autres spectacles, en versions intégrales ou en extraits, ont été présentés dans le cadre du volet OFF-CINARS dans diverses salles montréalaises. Si l'événement permet au monde de voir des créations québécoises, l'inverse est aussi vrai. Des troupes étrangères comme CIRCA (Australie) et Cirkus Cirkor (Suède) ont été présentées à la TOHU après leur passage au marché montréalais.

«Il n'y a pas de négociations ni de contrats qui se signent à CINARS, explique Alain Paré. Le marché présente un panorama de la création actuelle et des tendances actuelles. Les diffuseurs font leur shopping en prévision des saisons 2016, 2017.»

Anita Mathieu est directrice des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis. Depuis 2000, elle participe régulièrement à CINARS. Ce qui lui a permis de découvrir plusieurs chorégraphes montréalais, comme Danièle Desnoyers, Daniel Léveillé, Mélanie Demers et Dave St-Pierre, pour les accueillir aux Rencontres et les faire connaître en France. «J'ai besoin d'accompagner les artistes dans la durée. Une oeuvre chorégraphique se construit dans le temps. Je ne suis pas intéressée à faire des one shots. Je veux suivre une démarche artistique et la recherche d'un chorégraphe à travers les années.»

Après 30 ans, le rôle de CINARS est essentiel. «Depuis dix ans, ce qui me frappe, c'est que l'offre d'ici comme d'ailleurs a doublé, voire triplé, alors que la demande ne bouge pas. La compétition est de plus en plus féroce entre les pays pour promouvoir et faire diffuser le travail de leurs artistes», conclut Alain Paré.

«C'est une plateforme idéale pour rencontrer des gens et des oeuvres. Alors que les artistes montréalais se mobilisent», dit Philippe Bachman, directeur de La Comète, Scène nationale de Châlons-en-Champagne et du Réseau 360o, qui regroupe 18 salles de théâtre circulaires dans le monde, dont la TOHU.

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