Damnatio memoriae: pour la troupe

Le déclin de l'Empire romain sert de décor... (Photo: François Roy, La Presse)

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Le déclin de l'Empire romain sert de décor à la pièce Damnatio memoriae de Sébastien Dodge, qui mêle burlesque, comédie musicale, stand-up et gore à l'Histoire avec un grand «H».

Photo: François Roy, La Presse

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Mario Cloutier

Damnatio memoriae de Sébastien Dodge est un spectacle burlesque à grand déploiement qui s'étire inutilement, même s'il est servi par une troupe talentueuse.

On pourrait tenter de décrire cette nouvelle production de Sébastien Dodge comme étant une pièce du Théâtre des variétés sur l'acide, comme si Quentin Tarantino dirigeait Olivier Guimond.

La soupe est épaisse et hypercalorique: burlesque, bande dessinée, comédie musicale, stand-up, danse, lipsynch, un peu de gore par-ci, un peu d'Histoire avec un grand «H» par là. Et hop!

Le déclin de l'Empire romain sert d'ailleurs de trame narrative, mais il s'agit davantage d'une longue liste d'épicerie de dictateurs que d'un regard intéressé sur l'Histoire elle-même. Tout se fond ici dans la farce.

Du pain et des jeux

Sébastien Dodge plante le décor solidement dès le départ. La pièce s'ouvre sur les rires flagorneurs de la cour de l'empereur Commode. Rome n'est déjà plus Rome sous la dictature de ce dictateur qui se prend pour un «dieu en or».

Par la suite, les perfides succéderont aux avides, les cupides aux stupides à la tête de Rome. Les punks du Danube et les Syriens ésotériques suivront avant d'en arriver aux gentils mais hypocrites catholiques.

Tous parlent une langue québécoise crue et vulgaire. L'important reste de se divertir. Après tout, Rome n'est que baise, bouffe et boisson.

Un monde sans empathie, sans compassion où l'on ne fait que s'entretuer pour passer le temps, pour meubler le vide. Cela pourrait faire penser à certains aspects de notre époque, mais l'auteur ne nous en donne pas véritablement la clef. Ses meilleures idées sont à peine développées et ses mauvaises blagues durent trop longtemps.

Le rire est affaire de rythme, tout burlesque soit-il. Le manque de profondeur du propos et les nombreuses répétitions de situations pas toujours drôles plombent ainsi cette pièce trop longue.

Heureusement, il y a la troupe de comédiens et de comédiennes au grand complet qui se donnent corps et âme à ce spectacle bancal. Ils méritent notre respect.

Jouer avec autant d'enthousiasme et de conviction pour un texte qui en manque, c'est faire preuve d'une foi inébranlable en ce que le théâtre, malgré les essais et les erreurs, doit demeurer ce lieu vivant où l'on explore et l'on expérimente, et ce, sur tous les tons.

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Au Théâtre d'aujourd'hui jusqu'au 30 novembre.

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