Août, un repas à la campagne: nostalgie d'un petit Québec

La pièce au goût quelque peu suranné de... (Photo fournie par la production)

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La pièce au goût quelque peu suranné de Jean-Marc Dalpé s'attarde à une société québécoise qui tend à disparaître.

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Mario Cloutier

Le beau texte de Jean-Marc Dalpé, Août - un repas à la campagne, fait l'objet d'une nouvelle production à sa hauteur chez Duceppe, même si quelques réglages devront êtres apportés.

Un village en août. Une maison de ferme à la campagne, une famille, quatre générations. La chaleur est insoutenable. Les tensions couvent parmi les huit membres d'une famille en apparence tranquille.

Entre Josée l'anorexique hyperactive de 19 ans, sa mère malheureuse en couple, Jeanne, sa grand-mère travailleuse et sa vieille malcommode de grand-mère, on trouve tout un petit Québec, celui des silences silencieux et des paroles pour ne rien dire. Un Québec timoré en dehors et pogné par en dedans.

La pièce au goût quelque peu suranné de Dalpé s'attarde à une société québécoise qui tend à disparaître. Celle des «on ne parle pas de ça devant la visite» et «on le fait même si on n'aime pas ça». Là où le «on» inclut toutes les personnes qui parlent, même à mi-mots. On s'y amuse un peu pour ne pas trop s'engueuler, on accepte de vivre avec quelqu'un par peur de l'abandon.

La distribution est de haut niveau. Lors de la première jeudi soir, la nervosité était toutefois palpable. Heureusement que les vétérans Nicole Leblanc, Pierrette Robitaille, Michel Dumont et Gilles Renaud étaient là pour calmer le jeu. Du très beau travail.

La mise en scène efficace de Martine Beaulne exige beaucoup de doigté de sa part. Elle aurait sans doute tiré profit d'un peu plus de temps de répétition pour peaufiner une musique devenant parfois cacophonique, et ce, même s'il est voulu que les «instruments» de son bel orchestre jouent simultanément des «phrases» différentes.

On note également une tendance, dans la mise en scène et le jeu, à glisser vers la caricature afin de créer des effets comiques. Pas vraiment nécessaire. Pas plus que ce décor, sans éclat, qui avance vers le devant de la scène au début et recule à la fin.

Quelques représentations de plus et cette troupe solide sera juste à point pour donner à ce petit Québec qu'on a tous au fond de nous son caractère drôle et attachant, mais aussi triste et émouvant.

Août - un repas à la campagne est présenté chez Duceppe jusqu'au 6 décembre

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