Being at home with Claude: McGinnis bouleversant

Benoît McGinnis et Marc Béland maîtrisent parfaitement la... (Photo: Yves Renaud, fournie par le TNM)

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Benoît McGinnis et Marc Béland maîtrisent parfaitement la langue de René-Daniel Dubois, qui se dit la mâchoire un peu décrochée...

Photo: Yves Renaud, fournie par le TNM

La pièce de René-Daniel Dubois est décrite le plus souvent comme un suspense. Pourtant, dès les premières secondes du récit, le jeune prostitué, Yves, s'avoue coupable du meurtre d'un homme de 22 ans. L'auteur ne laisse planer aucun doute là-dessus.

Mais qui est cet Yves? Quelle était la nature de sa relation avec la victime? Pourquoi a-t-il tué cet homme? Pourquoi a-t-il convoqué la police dans le bureau d'un juge? Comment se fait-il qu'il ait eu les clés du bureau? Pourquoi a-t-il alerté les médias? Pourquoi s'est-il livré?

C'est bien là le tour de force de Being at home with Claude. Celui de nous tenir en haleine pendant plus d'une heure et demie afin que l'on puisse (peut-être) comprendre les motifs de ce crime sordide. Même si, comme l'inspecteur qui interroge Yves, on perd patience par moments...

Direction d'acteurs irréprochable

Cette joute entre l'inspecteur et l'accusé est ponctuée de temps forts et de temps morts. Pourtant, jamais on ne les quitte des yeux. Marc Béland et Benoît McGinnis forment ici un duo extrêmement crédible et nuancé. Les deux acteurs maîtrisent parfaitement la langue de Dubois, qui se dit la mâchoire un peu décrochée...

Dans le rôle du prostitué, Benoît McGinnis offre ici une superbe interprétation. L'acteur surdoué parvient à exprimer en paroles et en gestes tous les tourments et toute la passion de son personnage. Son monologue, en toute fin de pièce, mérite à lui seul le déplacement.

Dans ce huis clos qui a lieu dans le bureau du juge Delorme, la mise en scène de Frédéric Blanchette ne pouvait être autrement que minimaliste. N'empêche, sa direction d'acteurs est irréprochable. Il est parvenu à imposer un rythme et à insinuer les doutes et les questions dans notre esprit.

Car le contexte est aussi précisé. Nous sommes en 1967. Le crime a été commis le 1er juillet, dans la foulée du centenaire de la Confédération. Certains se sont amusés à faire des comparaisons avec l'évolution du Québec... Je soupçonne plutôt l'auteur d'avoir voulu brouiller les pistes.

À la fin, on se demande tout de même s'il est possible de donner un sens à pareil geste. Sans excuser le crime d'Yves, René-Daniel Dubois a fait le pari que oui, en nous montrant la part d'amour de son personnage. Au risque de nous faire sympathiser avec le diable.

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Au Théâtre du Nouveau Monde jusqu'au 11 octobre




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