Le vertige: performances vertigineuses

Le jeu de tous fait la force de... (Photo: Marie-Claude Hamel, fournie par le Théâtre de l'Opsis)

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Le jeu de tous fait la force de ce spectacle choral, qui rassemble 30 comédiens sur scène. La ligne dramatique suit l'enfer qu'ont vécu Evguénia Guinzbourg et ses consoeurs dans les prisons staliniennes.

Photo: Marie-Claude Hamel, fournie par le Théâtre de l'Opsis

Claude Cloutier
La Presse

L'Espace Go ouvre sa saison en célébrant les 30 ans du Théâtre de l'Opsis. La production de la pièce russe Le vertige se justifie, surtout, par l'interprétation de haut niveau des 30 actrices et acteurs.

Il y a des décisions, voire des prises de position, qu'il faut assumer pendant une carrière artistique. Celle du Théâtre de l'Opsis célébrer 30 ans d'existence avec 30 comédiens sur scène dans le cadre d'une pièce politique et didactique se justifie.

La directrice de l'Opsis et metteure en scène Luce Pelletier voulait ainsi montrer qu'il est encore possible de réunir de grandes distributions sur scène à Montréal au service d'un message. Elle le fait bien.

Le vertige, texte tiré des mémoires d'Evguénia Guinzbourg, victime des purges staliniennes, ne relève pas de la grande littérature. Le propos est simple, réaliste. Sa force réside plutôt dans son message: une exposition directe et crue des horreurs que peuvent engendrer la manipulation psychologique et les idéologies aveugles.

Même si certains échanges sont percutants, drôlement absurdes aussi parfois, il s'agit essentiellement d'un exercice didactique.

La ligne dramatique suit l'enfer qu'ont vécu Evguénia Guinzbourg et ses consoeurs dans les prisons staliniennes dans les années 30. Arrestations sommaires, humiliations, tortures... La résilience, l'instinct de survie, même l'humour de ces prisonnières est admirable.

Des interprètes de talent

La scénographie et les costumes vont ici à l'essentiel. Quelques effets sonores pertinents se font entendre, mais le texte est fort long, exigeant; il aurait pu faire l'objet d'un entracte lorsque les prisonnières d'opinion sont transférées de prison, par exemple.

Le jeu, donc, et les performances de toutes et tous font la force de ce spectacle choral. En Evguénia, Louise Cardinal est parfaite: intelligente, déterminée et, parfois, chancelante.

Impossible de nommer tout un chacun dans cette distribution étincelante, mais soulignons quand même le travail d'Émilie Dionne, Ève Gadouas, Caroline Lavigne, Catherine Proulx-Lemay, Caroline Bouchard, Monique Spaziani et Jean-François Casabonne.

Ceux-là et les autres se mettent totalement au service de la dénonciation d'un système pernicieux, cruel et inhumain. Une mécanique implacable et assassine qui, malheureusement, existe encore de nos jours et continue de donner le vertige.

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À l'Espace Go jusqu'au 4 octobre.




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