L'été de Nicolas Gendron

Nicolas Gendron joue tout l'été dans la comédie À vos souhaits de... (Photo: David Boily, La Presse)

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Photo: David Boily, La Presse

Nicolas Gendron joue tout l'été dans la comédie À vos souhaits de Pierre Chesnot, mise en scène par Jean-Bernard Hébert, au Théâtre des Grands Chênes à Kingsey Falls. Cela permet au jeune comédien de retrouver sa région d'enfance (autour de Victoriaville) et de partager la scène avec des acteurs d'expérience, tels Tony Conte et Josée Beaulieu. La pièce raconte la course contre la montre de gens sans scrupules qui veulent récupérer l'argent d'un gros héritage... Alors que le cadavre est encore chaud.

Depuis votre sortie de l'option théâtre du Collège Lionel-Groulx, il y a cinq ans, est-ce votre premier théâtre d'été?

En fait, c'est mon premier théâtre d'été officiel dans une salle. J'ai fait partie de spectacles non traditionnels en été: une pièce d'Anne-Marie Olivier créée dans un cimetière à Victoriaville; un spectacle sur l'eau, Théâtre en rivière, à Saint-Paulin; et un spectacle historique en plein air, au Vieux-Port de Trois-Rivières.

Dans À vos souhaits, toutes vos scènes sont avec Tony Conte. Comment est-il comme partenaire de jeu?

C'est un bon camarade. Il peut être très clown en répétitions, puis très sérieux et appliqué dans le travail. Il y a une complicité et un échange entre nous. Comme je suis en coulisses durant la première partie, j'ai tout le temps d'observer les autres acteurs sur scène, dont Josée Beaulieu, qui a énormément d'entrées et de sorties. Cette actrice est un as de la comédie dotée d'un grand sens du timing.

Une anecdote cocasse reliée à votre métier?

Je jouais dans la pièce Un cimetière qui marche d'Anne-Marie Olivier. Il y a eu un malentendu entre la mère de ma filleule et moi. J'ai sans doute mal expliqué le concept de la pièce qui ne s'adressait pas vraiment à une enfant de 3 ans... On jouait le soir dans un cimetière, sur les tombes de nos personnages, éclairés par des torches. Flavie reconnaissait ma voix, mais elle avait peur de mon personnage de mort vivant. Elle ne voulait pas que ça soit moi et l'a exprimé (rires)!

Votre plus récent coup de coeur au cinéma?

L'été, j'aime beaucoup les films pop-corn. Pour moi, on peut aimer les films d'auteur et aussi apprécier les X-Men. J'ai adoré L'Aube de la planète des singes. J'ai été happé par le jeu d'Andy Serkis qui incarne César, le chef des singes. Au-delà des effets techniques, cet acteur met beaucoup d'émotion et livre une grande performance physique.

Un roman que vous avez lu cet été?

Je viens de terminer Malabourg de Perrine Leblanc (Gallimard, 2014). J'avais adoré son précédent roman, L'homme blanc. Et là, elle arrive avec un univers complètement différent, très féminin, sensuel. Son écriture est précise et sensible. Cette auteure fait preuve de beaucoup d'originalité. J'ai aussi lu le premier roman du comédien Mathieu Leroux, Dans la cage (Héliotropes, 2013). C'est une histoire très dure avec deux frères homosexuels et leur mère qui se passe dans le Centre-Sud de Montréal. Le roman est bâti sur deux paliers: le monde extérieur de la nuit, la drague et les conquêtes d'un soir; et celui, intérieur et oppressant, de personnages écorchés vifs.

Qu'écoutez-vous dans votre iPod?

Je suis un peu en dehors de l'actualité musicale. Bien que j'aime le dernier album d'Alex Nevsky. Il y a deux semaines, j'ai participé au show guitare, voix et harmonica de mon père (Jean Verville) à la Vélogare de Victoriaville. Cet été, j'ai donc eu en tête les musiques du spectacle. Des pièces très variées, ça va de Gaston Miron (Douze hommes rapaillés) jusqu'à Les Cornichons de Nino Ferrer!

Vous avez d'ailleurs un beau souvenir d'enfance relié à votre père.

La maison de mon père, où j'ai grandi, à Arthabaska, c'est un peu la campagne en ville. Elle est entourée d'immenses champs de framboises. On se réunissait autour d'un feu de camp avec des guimauves. Mon père sortait sa guitare et son harmonica et on chantait sous les étoiles.

C'est rarissime qu'un artiste exerce le métier de critique. Or, depuis huit ans, vous écrivez sur le cinéma pour la revue spécialisée Ciné-Bulles...

Pour ne pas être en conflit d'intérêts, je ne fais pas de critiques de films québécois. Je parle surtout de documentaires ou de films étrangers. Mais c'est vrai que mes amis acteurs sont curieux. Ils me demandent souvent ce que je pense d'un film ou d'un roman.

Cet automne, vous ferez la mise en scène d'une production dans un théâtre montréalais (on ne peut pas encore dire où...). Une pièce solo avec l'actrice Kim Despatis.

C'est une adaptation du roman de Sophie Bienvenu Et au pire, on se mariera; un livre qui fera aussi l'objet d'un film réalisé par Léa Pool. Une histoire d'amour qui dérange entre une adolescente de 13 ans et un homme qui a le double de son âge. Mon été est divisé entre les représentations à Kingsey Falls et les répétitions avec Kim à Montréal (la pièce prendra l'affiche le 26 septembre). Comme il s'agit de la première production de ma compagnie Exlibris, je joue aussi le rôle de producteur. J'ai lancé une campagne de sociofinancement sur les réseaux sociaux. Il faut être polyvalent dans ce métier...

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À vos souhaits, jusqu'au 30 août au Théâtre des Grands Chênes.




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