Angoisse cosmique ou le jour où Brad Pitt...: malheureux mélange des genres

Entre la comédie et le théâtre documentaire, Angoisse... (Photo: Nicola-Frank Vachon, fournie par La Licorne)

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Entre la comédie et le théâtre documentaire, Angoisse cosmique ou le jour où Brad Pitt fut atteint de paranoïa offre un mélange des genres plus ou moins heureux.

Photo: Nicola-Frank Vachon, fournie par La Licorne

Le titre pour le moins intrigant annonce une comédie, mais Angoisse cosmique ou le jour où Brad Pitt fut atteint de paranoïa, de l'auteur danois Christian Lollike, est aussi une critique politique et sociale de notre inaction fasse aux changements climatiques et à la détérioration de notre planète.

Ce mélange des genres est plus ou moins heureux. Ce qu'on gagne dans le propos critique, on le perd dans l'insignifiance de la comédie.

Dans son «Mot» écrit à l'intention des spectateurs, le metteur en scène Michel Nadeau nous met en garde: «Il n'y a pas de personnages, pas de psychologie, pas d'histoire...» On pourrait rajouter «pas de lieu», non plus. Simplement un discours, ajoute-t-il, sur le mauvais état de la Terre.

Avant même le début de la pièce, un tableau électronique nous renseigne en temps réel sur la croissance de la population mondiale, le nombre de naissances, les quantités de CO2 dégagées dans l'atmosphère, le nombre de voitures construites, le pourcentage de désertification qui augmente à chaque seconde...

Bref, la table est mise pour nous plonger dans ce théâtre documentaire, dans lequel on peut voir des extraits d'entrevues ou de discours (Al Gore, Hubert Reeves, etc.).

Mais rapidement, Angoisse cosmique... privilégie la voie de l'absurde. Les trois comédiens qui se lamentent sans fin sur l'état de la planète - les échanges sont assez maladroits - en viennent à la conclusion que seul Brad Pitt, en faisant un film, pourrait sauver le monde.

Chacun incarnera la vedette hollywoodienne à sa façon. Que ce soit en discussion avec son producteur, dans un «Garden Party» avec sa femme Angelina Joli, en retraite dans la forêt pour se débarrasser de son ironie ou encore tenant dans ses bras le bébé africain qu'il vient d'adopter avec sa femme.

On se déguise, on se filme et on met la musique au plancher... Rien de très original. Certaines scènes nous arrachent des sourires, sans plus.

Toutes ces situations absurdes tendent à démontrer que même les stars planétaires ne parviennent pas à initier de véritables changements... On s'en doutait. Il en résulte un spectacle ni vraiment drôle, ni totalement documentaire, mais moralisant à souhait et traversé du cynisme qu'il dénonce.

L'auteur (ou est-ce l'équipe de création?) a toutefois eu la bonne idée d'interrompre le spectacle à quelques reprises, «sachant que le public souffre d'un déficit d'attention». Les comédiens arrêtent de jouer et prennent une pause, «pour nous laisser le temps de digérer toute l'information». Drôlement habile. 

Évidemment, la pièce de Christian Lollike aborde un sujet essentiel. Personne n'est contre la vertu. Mais la forme hybride privilégiée par l'auteur et les concepteurs est loin d'être convaincante. Un documentaire satirique qui se termine par cette phrase culpabilisante: «Pourquoi n'avez-vous rien fait? nous demanderont un jour nos enfants.»

Peut-être qu'au fond, la bonne vieille formule d'une histoire avec des personnages aurait pu avoir plus d'impact.

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À La Licorne jusqu'au 24 mai.




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