Claude Poissant, l'éclairagiste

Pour le metteur en scène Claude Poissant, le... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Pour le metteur en scène Claude Poissant, le fait de travailler avec de jeunes auteurs lui donne le sentiment d'être «de son temps» et de ne pas sombrer dans ce qu'il appelle «l'habitude».

Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

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Après plusieurs mois d'attente, c'était la grande première du film de Xavier Dolan, Tom à la ferme, lundi dernier.

Le grand absent de la soirée? Claude Poissant, qui a mis en scène la pièce de Michel Marc Bouchard en 2011. Une pièce que Dolan, séduit, a eu envie d'adapter au cinéma. «Je n'aime pas beaucoup les tapis rouges...», s'est défendu le metteur en scène, heureux de devoir être à Espace GO pour l'avant-première de Cinq visages pour Camille Brunelle. Tout le personnage est là.

Cette année encore, Claude Poissant, qui dirige avec Patrice Dubois le vigoureux Théâtre Petit à Petit (PÀP), a fait briller bien des auteurs et comédiens.

Le metteur en scène a replongé dans le théâtre de répertoire avec Marie Tudor de Victor Hugo (avec Julie Le Breton); géré la tournée de Bienveillance, de Fanny Britt, qu'il a créé l'an dernier; et répété ses deux spectacles que l'on peut voir ces temps-ci: Cinq visages pour Camille Brunelle, de Guillaume Corbeil - qui sera présentée au festival d'Avignon cet été! - et The Dragonfly of Chicoutimi, de Larry Tremblay.

Toutes ces pièces qu'il a mises en scène ont été couronnées de succès. Quel est donc le secret de la sauce de Claude Poissant?

«Les pièces que je monte, je les aime, répond le metteur en scène. Pour différentes raisons: parce que c'est une première oeuvre, même s'il y a des maladresses; parce que c'est un auteur qui va dans un sens où il n'a jamais été; parce que le sujet m'intéresse; parce que c'est une langue que je trouve belle.»

Le metteur en scène évoque la pièce Rouge gueule, d'Étienne Lepage, qui a lancé la carrière du jeune auteur (Kick, Robin et Marion, L'enclos de l'éléphant).

«Après avoir lu la pièce, je me suis dit que jamais je ne la monterais. Mais je n'ai pas dormi de la nuit; il y a quelque chose qui me boguait là-dedans. Le lendemain, j'ai relu la pièce. Il fallait que je la monte. Pierre Bernard disait que ça prenait une réplique pour te donner le goût de monter une pièce.»

L'autre clé, selon Claude Poissant, a été de trouver les bons comédiens. «J'aime travailler avec les mêmes personnes, mais j'intègre toujours de nouveaux visages.»

Prendre du recul

Claude Poissant aime comparer son travail à celui des artistes visuels, tout en précisant l'importance du travail collectif et de l'écoute pour réussir un projet.

«Je suis très intuitif, mais je prends énormément de recul. Je lance mes taches de peinture, je place des affaires sans essayer de les expliquer tout de suite, et, à un moment donné, je recule et j'essaie de voir si ça marche, j'efface, je recommence. C'est pour ça que je travaille souvent neuf mois ou un an sur un projet. Ma préparation avant les répétitions est longue.»

Claude Poissant n'hésite pas à prendre des pauses. «Parfois, je dis aux comédiens: «Je ne veux plus vous voir pendant un mois, on dort là-dessus.» Puis, on recommence, on place des choses. On en discute. On refait la scénographie. Jusqu'à ce que ma gang me dise: «O.K. Claude, on te suit.» Leur confiance me donne 99% de mon talent.»

Le fait de travailler avec de jeunes auteurs - Guillaume Corbeil, David Paquet, Fanny Britt, Étienne Lepage, Guillaume Lagarde - lui donne le sentiment d'être «de son temps» et de ne pas sombrer dans ce qu'il appelle «l'habitude». «C'est dans le mandat du PÀP: monter des textes inédits contemporains, québécois à 92%.»

«Les jeunes auteurs veulent détruire les codes, les conventions, revoir les manières de faire, dit-il. Ils arrivent à repenser la structure dramatique. Leurs constructions sont non traditionnelles; ils ne nous donnent pas toutes les réponses. Il y a des trous à remplir. C'est souvent à nous de donner un sens à ça. Mais il y a un échange. C'est parfois angoissant, mais j'ai besoin de ça.»

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À Espace GO: Cinq visages pour Camille Brunelle jusqu'au 5 avril; The Dragonfly of Chicoutimi, du 8 au 19 avril.

Le PÀP à Avignon

C'est pourtant écrit sur la nouvelle affiche du spectacle Cinq visages pour Camille Brunelle, mais le PÀP n'en a pas fait grand cas. La pièce de Guillaume Corbeil sera présentée 19 fois cet été au prestigieux festival de théâtre d'Avignon, en France. Mani Soleymanlou sera également à Avignon. Il y présentera sa pièce autobiographique Un.

Claude Poissant travaille également à deux lectures publiques. La première se fera dans le cadre du Festival du jamais lu, au Théâtre Aux Écuries: il s'agit du texte Cro Bar du jeune auteur acadien Gabriel Robichaud, le 8 mai. La deuxième lecture aura lieu au TNM le 12 mai. Il s'agit de Quatre fois Gauvreau de Susie Bastien, qui a remporté le prix Jean-Louis Roux.

«C'est un texte brillant, nous dit-il. On fait une mise en lecture au deuxième balcon du TNM. On s'installe avec les lutrins. Sébastien Ricard jouera Gauvreau, entouré dans ses rêves de sa mère, de sa muse et de Borduas. Il réglera ses comptes avec eux. C'est très bien fait.»

Le prochain show du PÀP sera un nouveau texte de Larry Tremblay, que Claude Poissant mettra en scène en 2015. Après avoir monté Le ventriloque, Abraham Lincoln va au théâtre et The Dragonfly of Chicoutimi, ce sera la quatrième pièce du dramaturge qu'il mettra en scène.




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