Comment s'occuper de bébé: la vérité au sujet de la vérité

Evelyne Brochu et Josée Deschênes sont brillantes dans... (Photo: Yanick Macdonald, fournie par la Licorne)

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Evelyne Brochu et Josée Deschênes sont brillantes dans Comment s'occuper de bébé.

Photo: Yanick Macdonald, fournie par la Licorne

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Mario Cloutier

Grande réussite que cette nouvelle adaptation d'une pièce de l'auteur britannique Dennis Kelly (Orphelins) sur les planches montréalaises. Tout dans ce Comment s'occuper de bébé nous amène à parler d'un «tour de force».

Un dramaturge s'intéresse à une mère, Donna McAuliffe, qui vient d'être jugée non coupable du meurtre de ses deux enfants. Il l'interroge, ainsi que son entourage - sa mère politicienne ambitieuse, son mari, un psychologue détectant un syndrome rare chez Donna -, afin de découvrir LA vérité.

La conclusion ne surprendra personne: la vérité est relative. Chaque vérité est vraie aux yeux de celui ou celle qui la vit et la dit. Au-delà de ça, rien n'est certain, tout est ambigu. Mais le processus dramaturgique menant à ce non-lieu est à la fois fascinant, émouvant et choquant.

«Vous voulez votre vérité», lancera Donna, excédée, au dramaturge. La recherche de la vérité absolue ne serait-elle pas finalement qu'une obsession moderne, pétrie dans les fours du paraître, de la téléréalité et de la mort en direct?

Les têtes d'affiche, Evelyne Brochu et Josée Deschênes, sont brillantes parmi une distribution remarquable. On croit à leur relation d'amour-haine. Comme spectateur, on les aime et on les déteste, aussi, par moments.

Par son recours à la vidéo, la mise en scène de Sylvain Bélanger ajoute intelligemment une couche de vérité à ce drame déjà fort complexe. Mais le fil de compréhension n'est jamais coupé, puisque tout y est si «vrai».

Tout le monde accuse et tout le monde est montré du doigt dans la pièce: les préjugés, la politique, les travers de la science et des médias. Et ce, même si les interrogatoires menés par le dramaturge empruntent beaucoup aux techniques journalistiques.

Pas de gagnant dans cette histoire, même pas la vérité. Deux petits perdants, cependant, deux innocentes victimes d'on ne sait quoi.

On sent bien que la vérité, en fin de compte, ne serait d'aucun réconfort devant le vide vertigineux et douloureux de leur absence. D'où la tristesse qui nous habite longtemps après ce très beau spectacle. C'est humain. Et ça, c'est la vérité vraie.

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À La Licorne jusqu'au 22 mars.




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