Au théâtre comme au tribunal

Evelyne Brochu se retrouve à interpréter le rôle... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Evelyne Brochu se retrouve à interpréter le rôle principal dans la pièce mise en scène par Sylvain Bélanger.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le dramaturge anglais Dennis Kelly est un habitué de La Licorne. Comment s'occuper de bébé, texte traduit par Olivier Choinière, est sa quatrième pièce à être présentée en moins de cinq ans dans le petit théâtre de l'avenue Papineau. La Presse en parle avec le metteur en scène Sylvain Bélanger.

C'est le dramaturge et traducteur Olivier Choinière qui a mis la main sur ce texte explosif de Dennis Kelly au cours de sa résidence au Royal Court de Londres, il y a quelques années. À son retour, il a remis la pièce au metteur en scène Sylvain Bélanger en lui disant: «Celle-là est pour toi.»

«Olivier Choinière sait que je m'intéresse aux récits intimes qui ont des répercussions politiques», nous dit le metteur en scène de Billy (Les jours de hurlement) et de L'enclos de l'éléphant, qui est aussi le directeur artistique du Théâtre d'Aujourd'hui depuis deux ans.

«J'aime les pièces où le spectateur doit se positionner par rapport à ce qui se passe, poursuit-il. Dans Comment s'occuper de bébé, on s'approche de la vérité, mais sans jamais y arriver... Ce que nous dit Kelly à travers ça, c'est qu'il n'y a pas de vérité. Il y a ce que les gens pensent être la vérité.»

Taking Care of Baby raconte l'histoire de Donna McAuliffe (Évelyne Brochu), accusée d'avoir tué ses enfants. La pièce s'ouvre sur ses souvenirs en prison, avant son appel, puis son acquittement, faute de preuves. Pendant toute la pièce, l'auteur revient sur les événements en recueillant les témoignages de différents acteurs-clés.

«En fait, on entre dans un studio qu'a loué l'auteur Dennis Kelly afin de convoquer des gens à des entrevues filmées en direct, précise Sylvain Bélanger. Ce dispositif me sert à me rapprocher du projet de Kelly qui était de recueillir des témoignages avec une équipe de tournage pour donner vie à la chronologie des événements.»

On fera ainsi la connaissance du Dr Millard (Richard Thériault), qui prétendra que Donna souffre d'un trouble psychiatrique rare baptisé le syndrome de Leeman-Keatley. On verra aussi la mère de Donna, Lynn Barrie (Josée Deschênes), dont la carrière politique sera évidemment affectée par les événements.

D'autres personnages seront convoqués. On verra notamment défiler les comédiens Hubert Proulx, Guillaume Tremblay et Henri Chassé.

Pièce à pièges

«À vrai dire, c'est l'une de mes pièces favorites. Mais elle est tricky», a confié Dennis Kelly à Sylvain Bélanger au cours d'une discussion.

«C'est tricky parce que malgré le dispositif vidéo qui recrée les interrogatoires des acteurs de ce drame, il n'y a pas de déplacements, il n'y a pas de bataille; c'est très petit, c'est de l'acupuncture, estime le metteur en scène. Le trajet se fait spectateur par spectateur.»

«Une autre difficulté est le nombre d'acteurs, explique Sylvain Bélanger. Il y en a 13 dans la pièce.» Il a donc eu l'idée d'en faire jouer cinq sur scène et de filmer les interventions des autres. Résultat: 11 jours de tournage ont été nécessaires pour produire le contenu vidéo, auquel s'est greffé le jeu des acteurs.

Pendant toute la pièce, le spectateur voudra savoir ce qui s'est passé, estime le metteur en scène. Surtout, si Donna McAuliffe ment.

«Moi, je crois tout le monde dans la pièce, nous dit Sylvain Bélanger. C'est ça qui est fascinant. Tu n'as pas de prise sur qui que ce soit. Alors qu'est-ce qui s'est passé? Même Donna ne le sait pas. Est-ce qu'elle a eu un blackout? Est-ce qu'elle avait conscience de ce qu'elle faisait? Il n'y avait pas de caméra dans la chambre du bébé mort étouffé.»

«Ce qui revient dans le théâtre de Dennis Kelly, conclut le metteur en scène, c'est cette recherche de vérité. Il joue beaucoup sur nos perceptions. Il se passe toujours quelque chose qui nous fait croire à une nouvelle réalité. Il joue avec nous. En voulant se rapprocher de la vérité, on se met à douter de tout le monde.»

À La Licorne, du 4 au 22 mars.

Dennis Kelly, auteur maison

Le dramaturge anglais Dennis Kelly s'est fait connaître au Québec en grande partie grâce à l'intérêt du directeur artistique du Théâtre de la Manufacture à La Licorne, Denis Bernard, mais aussi au minutieux travail des dramaturges Olivier Choinière et Fanny Britt, qui ont traduit avec brio cinq de ses pièces. Aperçu de ses pièces qui ont été créées à Montréal depuis cinq ans.

Amour/Argent

> Création: Théâtre Debout.

La Licorne (2013)

> Traduction: Fanny Britt

> Mise en scène: Geoffrey Gaquère

> Résumé: Amour/Argent est une pièce centrée sur un couple en situation de surendettement. Dennis Kelly y aborde notre rapport souvent malsain à l'argent. Avec toutes ses dérives possibles.

Orphelins

> Création: Théâtre de la Manufacture. La Licorne (2012)

> Traduction: Fanny Britt

> Mise en scène: Maxime Denommée

> Résumé: Il est ici question de la peur que l'on peut ressentir dans notre rapport avec les étrangers; de notre perception de ceux qui font partie du «nous» et de ceux qui font partie du «eux».

Un thriller qui met en scène un frère et une soeur orphelins.

ADN

> Création: Conservatoire d'art dramatique (2012)

> Traduction: Fanny Britt

> Mise en scène: Sylvain Bélanger

> Résumé: Un groupe d'adolescents partis en forêt torturent un de leurs amis et le laissent pour mort. Mais l'adolescent resurgira dans leurs vies. Le groupe tentera par la suite de s'innocenter.

Après la fin

> Création: Théâtre de la Manufacture. La Licorne (2008)

> Traduction: Fanny Britt

> Mise en scène: Maxime Denommée

> Résumé: Un huis clos sur fond d'explosion nucléaire entre deux jeunes gens pris dans l'engrenage de la peur, qui ont de la difficulté à exprimer leurs sentiments amoureux.




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