Jean Asselin et Sylvie Moreau, Fatal: Shakespeare en condensé

Dans Fatal, le metteur en scène Jean Asselin... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Dans Fatal, le metteur en scène Jean Asselin et la comédienne Sylvie Moreau nous font revivre, à travers le regard du jeune Shakespeare, les guerres civiles qui ont déchiré l'Angleterre du XVe siècle.

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En 1986, Jean Asselin a monté les trois parties d'Henri VI de Shakespeare avec, entre autres, Réal Bossé et Sylvie Moreau, alors étudiants en art dramatique à l'UQAM. Une pièce-marathon de 7 h 30 qui mettait en scène 117 personnages! Le voici qui renouvelle l'expérience avec une adaptation condensée de 2 h 15 et environ 40 personnages. Toujours avec sa protégée Sylvie Moreau, qui revêtira les étoffes de la reine Marguerite.

Ils seront huit sur scène à jouer chacun au moins cinq personnages pour nous faire vivre en accéléré cette terrible guerre civile anglaise racontée par le menu détail et avec une certaine dose d'humour par Shakespeare, roi des drames historiques. «Il n'avait même pas 30 ans quand il a écrit ces pièces-là, souligne le metteur en scène Jean Asselin. C'est une histoire passionnante où on reconnaît dans les dialogues tout son génie.»

Sylvie Moreau, qui partagera la scène avec, entre autres, Paul Ahmarani dans le rôle d'Henri VI et Pascal Contamine dans celui de Richard III, n'a pas hésité à reprendre ce rôle qu'elle a interprété quand elle avait à peine 21 ans. «J'étais très jeune, dit-elle. C'est un personnage tellement fort, tellement puissant, je ne pouvais pas rendre compte de toute sa profondeur, toutes ses couleurs.»

La guerre des Deux-Roses

Nous sommes en 1455, et c'est le début de ce qu'on appelle la guerre des Deux-Roses, une série de guerres civiles qui ont déchiré l'Angleterre pendant plus de 40 ans. Des guerres et des intrigues opposant les deux branches d'une même famille divisée en deux clans: celui des Lancastre, mené par Henri VI, dont l'emblème était la rose blanche, et celui d'York, dirigé par Richard, puis par Édouard IV, dont l'emblème était la rose rouge.

«De toutes les pièces de Shakespeare, ce sont les drames historiques que je trouve les plus entiers, les plus passionnants», indique Sylvie Moreau, qui incarnera la femme d'Henri VI, Marguerite d'Anjou, fille du duc d'Anjou, une femme ambitieuse qui en mène large dans le royaume d'Henri. «En fait, tout le monde a régné à la place d'Henri VI», précise Sylvie Moreau.

Les historiens s'entendent pour dire qu'Henri VI n'était tout simplement pas l'homme de la situation en ces temps de guerre. Mystique, souvent malade, on dit qu'il était faible et inefficace, mais surtout mal entouré. Paraît-il que la corruption régnait dans sa cour... C'est drôle, ça nous fait penser à un certain Gérald Tremblay... «On y a pensé nous aussi! admet Jean Asselin. Vous verrez, il y a des enveloppes brunes dans le show...»

L'intérêt de Jean Asselin était de créer une seule histoire à partir des trois drames historiques de Shakespeare. «Mais je voulais traduire le texte dans nos mots à nous, insiste-t-il. Dans une langue vernaculaire qui était celle de mes parents. Ce n'était pas du joual. J'aime dire que c'est équidistant de Rabelais, qui inventait la langue française et de Louis-Ferdinand Céline, qui a changé la sensibilité contemporaine de la littérature.»

Dans le rôle d'Henri VI, Paul Ahmarani sera presque spectateur de ces joutes politiques, qui se concluront par sa mise à mort. «Henri VI devient le révélateur de tous ceux qui s'agitent autour de lui, analyse Sylvie Moreau. Sa seule présence de témoin est un outil de plus pour montrer toute la vilenie de son entourage. Parce qu'il fait rarement partie de l'action. C'est ce que je trouve très fort de ce personnage.»

Sans décor

Il faut bien le spécifier, il n'y a aucun décor dans Fatal. «Tout notre budget a servi à embaucher les huit acteurs, prévient Jean Asselin. Il y a simplement seize issues par où les acteurs apparaîtront et disparaîtront, c'est tout.» «La vérité, c'est que ça marche, enchaîne Sylvie Moreau, et qu'il ne manque rien. C'est un beau coup de pied au cul au théâtre à effets, factice et superficiel. Ça révèle l'essence des choses.»

En quoi le spectacle portera-t-il le sceau d'Omnibus? «Comme toutes nos productions, c'est ultracorporel, même si c'est un show bavard, répond Jean Asselin. Il y a une économie, une pureté de mouvements qui est loin de notre attitude quotidienne.» «L'art d'Omnibus est de redonner au corps sa place dans l'espace théâtral, résume Sylvie Moreau. L'idée est d'exprimer tout ce qu'on peut avec notre corps.»

> À l'Espace Libre du 16 avril au 11 mai.

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