Les muses orphelines: secrets de famille

Portrait de (gauche à droite) l'actrice Léane Labrèche-Dor,... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Portrait de (gauche à droite) l'actrice Léane Labrèche-Dor, l'actrice Nathalie Malette, la metteur en scène Martine Beaulne, et l'actrice Macha Limonchik dans le décor des Muses Orphelines.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

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Les muses orphelines ont 25 ans cette année. Depuis sa création, cette pièce de Michel Marc Bouchard a fait le tour du monde dans une douzaine de langues. Chez Duceppe, Martine Beaulne plonge avec bonheur dans cette «grande oeuvre du répertoire québécois» avec quatre acteurs «extraordinaires».

Martine Beaulne est une metteure en scène comblée ces jo urs-ci. Rencontrée dans la salle de répétitions de la Compagnie Jean-Duceppe, elle confie vivre «le même type d'excitation» que lorsqu'elle a monté Albertine, en cinq temps de Michel Tremblay... en 1995!

«C'est un bijou, une pièce parfaite, dit-elle. À tous les niveaux: la langue, la rythmique, la construction, les thèmes, les personnages, etc. Tout est là! C'est au metteur en scène d'approfondir, de tisser les liens, et de faire rejaillir les finesses de l'oeuvre.»

Nous sommes dans une maison délabrée de Saint-Ludger-de-Milot et assisterons à la réunion impromptue de la famille Tanguy. Ils sont quatre enfants. Trois filles et un gars; tous aussi différents que leur blessure est similaire. Ils portent en eux le poids de l'abandon par leur mère, des années auparavant.

La plus jeune, Isabelle, a un handicap intellectuel. Elle est surprotégée par sa soeur aînée. Or, c'est la cadette qui lèvera le voile sur les secrets et les mensonges de la famille. C'est par elle que la vérité va enfin éclater.

«Dans toutes les pièces de Michel Marc, ce sont les marginaux qui se libèrent de leurs problèmes, avance la metteure en scène. Pour moi, c'est très important, cet affranchissement. Dans la vie, il faut parfois être désobéissant pour changer les choses qui ne font pas notre affaire. Il faut savoir mettre ses culottes!»

Violence et compassion

S'il y a des conflits violents dans cette famille éclatée, on trouve aussi de l'amour et de la compassion entre ses membres. On sent que la vérité doit surgir, afin de donner espoir pour la suite du monde et des choses.

La fin (retravaillée par l'auteur, entre la création de 1988, par André Brassard, et la reprise de 1994, sous la direction de René Richard Cyr) nous laisse croire qu'au moins la moitié de la famille s'en sortira, se libérera. Une famille divisée en deux à l'image du Québec autour de la question nationale... souligne Martine Beaulne.

Cette dernière est particulièrement fière de la distribution qui a changé à deux reprises depuis son annonce, au printemps dernier. À ses yeux, les quatre interprètes (Macha Limonchik, Nathalie Mallette, Léane Labrèche-Dor et Maxime Denommée) forment un véritable noyau familial.

Date charnière

La scène se passe en 1965... la même année que Les belles-soeurs. Selon Martine Beaulne, ce n'est pas un hasard si deux chefs-d'oeuvre du répertoire québécois se déroulent en 1965: «C'est une date charnière entre le passé et la modernité de la société québécoise.»

Avec le recul, en travaillant sur Les muses orphelines en 2013, Martine Beaulne réalise qu'on vient de très loin au Québec. «Toute la grisaille, l'interdit d'exprimer, le carcan social qui marquaient l'époque d'avant la Révolution tranquille et qu'on a fini par changer.

«Quand je vois aujourd'hui les idées conservatrices rejaillir et le désir de certains de revenir aux valeurs traditionnelles, je me dis: «Oh non! C'est pas vrai, on ne retournera pas là?! C'est trop souffrant!»

Au Théâtre Jean-Duceppe du 20 février au 30 mars. Puis en tournée au Québec ce printemps.

Extraits des diverses productions des Muses orphelines dans le monde: www.michelmarcbouchard.com

Événements et rencontres entourant la production chez Duceppe: http://duceppe.com/piece/les-muses-orphelines

Adaptation des Muses orphelines au cinéma réalisée par Robert Favreau (2000): www.imdb.com




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