Petite vérité inventée : passer à travers

Pour l'auteure Érika Tremblay-Roy, le sofa rouge est... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Pour l'auteure Érika Tremblay-Roy, le sofa rouge est l'élément central de Petite vérité inventée, seul morceau du passé que le personnage d'Emma transporte avec elle.

Photo: Alain Roberge, La Presse

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Josée Lapointe

La séparation des parents est au coeur de Petite vérité inventée, qui sera présentée à la Maison Théâtre dès jeudi. Un sujet sérieux qui touche de nombreux enfants, mais qui devrait rejoindre tout le monde grâce à l'approche sensible et intelligente de la jeune auteure Érika Tremblay-Roy.

À 32 ans, Érika Tremblay-Roy a le vent dans les voiles. En plus de voir sa cinquième pièce créée cette semaine par le Théâtre Bouches Décousues, la compagnie de la grande dame du théâtre jeunesse Jasmine Dubé, elle prendra les rênes du Petit Théâtre de Sherbrooke à compter de juin à titre de directrice artistique.

«Je n'ai pas choisi d'écrire du théâtre jeunesse, mais c'est vrai que c'est mon terreau d'exploration. Peut-être que ma sensibilité se rapproche du monde de l'enfance», confie la jeune femme, qui dit se sentir pour la première fois de sa vie une «vraie» auteure avec la création de Petite vérité inventée.

«C'est la première fois que je donne un texte sans être impliquée dans toutes les étapes de la production. J'ai plus l'habitude de prendre les projets à bras-le-corps, et j'avoue que c'est très agréable de sentir que ma place est celle de l'auteure, et rien de plus. Ça m'a appris à lâcher prise...»

Agréable aussi d'entrer dans le giron de Jasmine Dubé, qui ne fait pas souvent appel à des auteurs de l'extérieur. «Je me trouve chanceuse. Ça me touche beaucoup que ce texte lui ait plu, et que tous les membres de l'équipe s'y soient ralliés. Surtout que c'est un texte très personnel, sûrement mon plus intime.»

Parentalité

Petite vérité inventée raconte l'histoire d'Emma, dont les parents viennent de se séparer. On la voit à différents âges, niant la réalité, puis s'y adaptant peu à peu, et adulte aussi, sur le point de prendre cette même décision.

«Ça vient de moi et de mes interrogations, mais ce n'est pas mon histoire, précise Érika Tremblay-Roy. J'ai vécu ça au même âge qu'Emma, mais pas de cette façon. Et comme je veux des enfants, je me demande si je vais rester toute ma vie avec la même personne. À l'aube d'être parent, je voulais réfléchir sur la parentalité.»

Car si le spectacle s'adresse aux enfants, Érika Tremblay-Roy tenait aussi à parler à leurs parents.

«Aux enfants, je voulais dire qu'il faut que les parents se choisissent, qu'ils fassent ce qui est le mieux pour eux, et qu'on survit à ça. Aux adultes, je voulais justement dire que les enfants survivent et qu'un enfant est bien quand son parent est bien.»

La pièce avait été écrite comme un solo dans lequel Emma interprétait les 10 personnages. Le metteur en scène Gill Champagne lui a vite proposé de la transformer en duo en incluant le personnage du père.

«Ça change vraiment quelque chose qu'il soit là, puisque sa présence et son absence sont majeures. C'est touchant de voir l'interaction entre les deux.»

Érika Tremblay-Roy voit sa pièce comme une invitation à avancer et à laisser aller, d'où l'image de la cabane à papillons «Ça ne sert à rien de retenir un papillon qui part en migration», un souvenir d'enfance qui a été son point de départ.

«En fait, c'est un vrai faux souvenir parce que je ne sais pas si c'est vrai ou pas pantoute!» lance la jeune auteure, qui s'intéresse beaucoup à la notion de mémoire.

«C'est vrai que je suis touchée par les histoires familiales, par ce qui se transmet d'une génération à l'autre. Petite vérité porte sur la notion du souvenir qu'on va garder d'un événement marquant, de comment on réinvente notre histoire, parfois en même temps qu'on la vit.»

C'est ce que fait Emma, qui «trafique le réel» pour faire son chemin.

«Le sujet est dur, mais il y a une légèreté dans le ton de la mise en scène avec les soupapes qu'elle se crée. Les enfants prennent du plaisir à la voir inventer et se débattre. «

Il n'était d'ailleurs pas question de faire d'Emma une petite victime. «Elle n'est pas démunie même si elle a seulement 5 ans. En écrivant, je faisais bien attention pour ne pas tomber dans le misérabilisme. Elle devait avoir les ressources intérieures pour s'en sortir. Et je voulais une fin porteuse d'ouverture, d'apaisement intérieur. Dire: ça va aller.»

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À la Maison Théâtre du 14 février au 2 mars. Pour les 6 à 10 ans.

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