Les trois exils de Christian E.: Je me souviens

Sans aucun décor ni musique, le comédien Christian... (Photo fournie par le Théâtre d'Aujourd'hui)

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Sans aucun décor ni musique, le comédien Christian Essiambre nous fait voyager dans le pays de son enfance... et de sa détresse.

Photo fournie par le Théâtre d'Aujourd'hui

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Luc Boulanger
La Presse

Le destin nous joue parfois des tours. Prenez Christian Essiambre, ce jeune acteur acadien qui, las de jouer Tom Pouce pour les touristes et les mouettes au Pays de La Sagouine, à Bouctouche, a décidé de quitter son patelin pour faire carrière à Montréal. Mal lui en a pris!

Malgré son charisme et son talent, la vedette de la péninsule acadienne passera à peine deux ou trois auditions pour des publicités. En vain. Pendant que sa blonde étudie en médecine, il passe le temps en suivant des cours de mime et de diction (ce maudit accent acadien!). Pour finir par flirter avec la dépression dans un demi-sous-sol de Rosemont.

Quatre ans plus tard, Essiambre revient en ville présenter un spectacle solo qui raconte ses déboires à Montréal que l'artiste a transformés, avec la complicité de Philippe Soldevilla, en bouleversante et universelle quête initiatique. Celle d'un jeune homme coincé entre la fuite et la peur, l'amour et l'ego, la famille et la carrière, les racines et les rêves. Et il nous touche droit au coeur!

À voir la réaction des spectateurs à la première, mercredi, Christian Essiambre ne devrait pas trop attendre que le téléphone sonne pour passer des auditions bidon. Voilà un solide acteur très physique, et très sensible, doublé d'un conteur hors pair.

L'acteur joue avec les accents et incarne une diaspora de personnages colorés: des membres de sa famille, des touristes du Pays de La Sagouine, un médecin, des amis, etc. Chaque phrase qui sort de sa bouche crée une image dans notre esprit.

Pendant 90 minutes, sans aucun décor ni musique, avec comme seul accessoire une chaise droite qu'il manipule comme un gymnaste, l'interprète nous fait voyager dans le pays de son enfance... mais aussi de sa détresse. Par la simple force de son jeu, son pouvoir d'évocation et l'écriture de cette pièce rodée depuis 2010.

Christian Essiambre a une formation en mime. Les trois exils de Christian E. s'ouvre d'ailleurs avec un exercice où il mime la racine, la fleur, le pétale et la tige. Cette scène, qui fait rigoler le public au début, reviendra plus tard. Dans l'un des tableaux les plus émouvants que j'ai vus au théâtre depuis longtemps. Chapeau, Tom Pouce!

Les trois exils de Christian E. au Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 2 février.

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