Richard III : Shakespeare sur fond rock

Les acteurs dirigés par David Gauchard dialogueront tous... (Photo: fournie par la production)

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Les acteurs dirigés par David Gauchard dialogueront tous avec les quelque 30 personnages de la pièce, qui apparaîtront sur un écran géant placé au fond de la scène.

Photo: fournie par la production

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La proposition de cette petite compagnie de théâtre de Saint-Nazaire est plus qu'intrigante. Son adaptation de Richard III, drame politique de Shakespeare, nous est présentée comme un «ciné-concert». Le tyrannique roi d'Angleterre sera incarné par trois interprètes: un comédien, un guitariste et un rappeur. Tous en dialogue avec des personnages apparaissant sur un écran.

Le metteur en scène David Gauchard a toujours créé des musiques pour la scène. Avec sa troupe L'unijambiste, il a monté sa première pièce de Shakespeare en 2002. Un Hamlet sur fond de musique hip-hop. «J'avais 30 ans, raconte-t-il au cours d'un entretien téléphonique. Je m'identifiais à la crise identitaire d'Hamlet, qui cherche à s'affirmer, à s'engager aussi. Il me semblait que le hip-hop était le bon langage musical pour exprimer cette crise.»

Richard III a suivi, en 2009. «Quand ma fille est née, bizarrement, j'ai commencé à m'intéresser à la politique, dit-il. L'élection de Sarkozy à la présidentielle de 2007 m'a donné envie d'explorer la notion de charisme en politique. De fil en aiguille, j'ai fait le rapprochement avec Richard III. La musique est plus rock. Il y a aussi du rap. Dans la pièce de Shakespeare, Richard III commet tous les péchés: trahisons, blasphèmes, meurtres. Il tue tous ceux qui sont sur son chemin pour prendre le pouvoir. À la limite, il n'est même pas humain.»

C'est pour cette raison que David Gauchard a démultiplié le personnage de Shakespeare. Pour se distancier du monarque diabolique. Pour éviter aussi de faire le portrait d'un personnage historique. «Après tout, Shakespeare voulait nous mettre en garde contre les dérives du pouvoir. C'est pour ça que Richard III a valeur de symbole. Et puis, je voulais qu'on s'attache un peu à lui. Comme le personnage d'Al Pacino dans Scarface, illustre le metteur en scène. Il faut avoir de l'empathie pour le tueur.»

Les trois Richard III - le comédien Vincent Mourlon, entouré du guitariste Olivier Mellano et du rappeur Arm - seront donc présents sur scène et joueront la partition de ce roi qu'on disait difforme et laid. Trois autres personnages «vivants» fouleront la scène. Ils dialogueront tous avec les quelque 30 personnages de la pièce, qui apparaîtront sur un écran géant placé au fond de la scène. «C'est le grand défi des comédiens, dit-il, celui de se synchroniser avec les personnages qui apparaissent à l'écran. Et notamment de tuer des personnages qui sont dans l'écran!»

David Gauchard n'en a pas fini avec Shakespeare. Il vient d'adapter une troisième pièce, Le songe d'une nuit d'été. Cette fois, la musique est plus pop. «Après avoir exploré une tragédie et un drame politique, je voulais monter une comédie. À 40 ans, aujourd'hui, on peut devenir cynique devant l'exercice du pouvoir. J'avais besoin d'une comédie, comme pour résister à cette crise de confiance. Pour ne pas me répéter que tout est nul. Mon parcours personnel, je l'ai vécu à travers ces trois pièces de Shakespeare....»

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Du 15 au 19 janvier au théâtre Aux Écuries. Le coût des billets est laissé à votre discrétion. Vous donnez ce que vous voulez...

Le corps de Richard III retrouvé

La nouvelle est sortie l'automne dernier: le corps de Richard III aurait été retrouvé sous un stationnement municipal de la ville de Leicester, à 160 km de Londres, dans le choeur d'un édifice enseveli depuis quelques centaines d'années. Des archéologues auraient apparemment trouvé le squelette de Richard III, dernier roi des Plantagenets, tué en 1485 durant la guerre des Deux-Roses. Des représentants de l'Université de Leicester avaient alors précisé que le corps présentait des blessures, dont une fente à l'arrière du crâne. Ils auraient aussi retrouvé la tête d'une flèche en métal, preuve qu'il serait mort au combat. La dépouille présentait aussi des anomalies à la colonne vertébrale et une scoliose, ce qui confirmerait le portrait de bossu de ce roi sanguinaire, qui aurait notamment tué ses deux neveux pour prendre le pouvoir.

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