2012-11-28 09:12:00.000

Douze hommes en colère: un suspense bien mené

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Alexandre Vigneault

Alexandre Vigneault
La Presse

Plus d'une décennie après sa création au Théâtre du Vieux-Terrebonne, la production de Douze hommes en colère menée par le metteur en scène Jacques Rossi et le producteur Jean-Bernard Hébert reprend du service. Il s'agit, à n'en pas douter, d'une mécanique bien huilée... qui existe seulement parce que quelqu'un ose mettre du sable dans l'engrenage.

Le grain de sable, c'est bien sûr le juré numéro huit qui, au terme d'un procès pour meurtre, émet un doute quant à la culpabilité de l'accusé, que ses 11 confrères envoient sans hésitation sur la chaise électrique. Il n'est pas convaincu de l'innocence du meurtrier, il a seulement un doute, qu'il fera valoir malgré l'hostilité du reste du jury.

La pièce de Reginald Rose, adaptée au cinéma en 1957 par Sidney Lumet, s'avère une mécanique implacable. Un suspense un peu daté, certes, mais aux enjeux nets qui distille les révélations-chocs d'une manière si habile qu'il dessine un arc dramatique sans bavure. Jacques Rossi en a tiré un spectacle peint à gros traits et traînant parfois en longueur, mais qui s'avère néanmoins efficace.

Sa version 2012 met essentiellement en vedette la même troupe qu'en 2000. Jacques Baril renoue ainsi avec le rôle du jury numéro huit (le trouble-fête jadis campé à l'écran par Henry Fonda), auquel il confère plus de sensiblerie que d'esprit batailleur. Vincent Bilodeau s'impose dans le rôle de son plus féroce opposant. Le reste de la distribution, au sein de laquelle on retrouve aussi Edgar Fruitier et Jean-Bernard Hébert, est globalement de bonne tenue, malgré quelques faiblesses.

La grande vedette de ce spectacle demeure toutefois ce texte minutieux et aux effets mesurés, qui décrypte avec clarté les nuances entre soif de justice, soif de vengeance, orgueil et préjugés. Cette plongée dans les coulisses de la justice rendue par l'homme, souligne aussi à sa manière que toute vie humaine a de la valeur. Un rappel toujours nécessaire.

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Jusqu'au 18 décembre au Théâtre Denise-Pelletier.

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