Katherine Levac: les «cerises sur le sundae»

Sortie de l'École nationale de l'humour il y... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Sortie de l'École nationale de l'humour il y a cinq ans à peine, Katherine Levac présente ces jours-ci son premier spectacle solo, Velours.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

Josée Lapointe

Cinq ans après sa sortie de l'École nationale de l'humour, Katherine Levac présente Velours, son premier spectacle solo. Mais l'humoriste de 28 ans, qu'on a beaucoup vue à la télé ces dernières années - SNL QuébecLike-moi! -, n'était pas particulièrement pressée d'en arriver là.

«Il y a [des gens] qui sortent de l'école avec des objectifs précis, qui veulent faire leur premier show dans trois ans, dans cinq ans... Moi, tout ce que je voulais, c'était gagner ma vie avec l'humour.»

En fait, elle a même résisté au chant des sirènes qui lui disait dès le début «Vas-y, fais un show, il y a un buzz!», raconte-t-elle. «Je me disais que je ne fournirais pas. Comme ma mère quand elle est dans la cuisine et qu'elle est super occupée, elle dit souvent ça, "Je fournis pas là"!»

Katherine Levac précise que, de toute façon, elle n'a jamais été «en attente» de faire un spectacle. «J'enjoyais tout ce que je faisais, dit l'artiste franco-ontarienne. Là, le spectacle s'est imposé, pas parce que je trouvais que j'avais enfin quelque chose à dire - on peut avoir des choses à dire quand on a 18 ans -, mais parce que j'avais vraiment envie de le faire.»

Dans ce métier où il faut se vendre constamment - «on est comme des Swiffer», rigole-t-elle -, Katherine Levac estime qu'il faut vraiment brûler d'un feu intérieur pour que les choses fonctionnent.

«Il faut avoir le couteau entre les dents, sinon tu ne le feras pas. C'est trop d'heures, trop compliqué, trop d'émotions.»

Le couteau entre les dents? Elle sourit: c'est une autre expression de sa mère qu'elle reprend parfois. «Ça veut dire que tu dois être prêt à tout donner.»

Chance

Alors qu'elle a entrepris sa tournée l'automne dernier, que plusieurs de ses représentations affichent déjà complet et que des supplémentaires s'ajoutent un peu partout, on peut dire que Katherine Levac est à la bonne place au bon moment. Et elle est absolument consciente de sa chance.

«Je voulais juste gagner ma vie en écrivant. Si on m'avait dit: "Toi, tu vas écrire des shows jeunesse", j'aurais été tellement contente ! Et là, je fais ça. C'est tellement de cerises sur le sundae de ma vie.»

Ce spectacle, qui dure 1 heure 25 minutes sans entracte - «c'est mon temps de rêve, mais parfois il est un peu plus long» -, elle l'a écrit avec son complice David Beaucage. «Je l'ai connu à l'École de l'humour. C'est mon partenaire d'écriture depuis toujours. C'est dur à trouver, une relation avec un auteur.»

À la mise en scène, «la magnifique et talentueuse et magique» Sonia Cordeau (Projet Bocal, Les Appendices) a accepté l'invitation de l'humoriste. «C'est une auteure, une comédienne, une musicienne qui est intimidante de talent. Elle m'aide sur tous les aspects du spectacle parce qu'elle a une vision à 360 degrés.»

«[Sonia Cordeau] est arrivée humblement pour m'aider à le peaufiner, m'emmener ailleurs. Par exemple, je suis assez statique sur scène. Elle me fait bouger, même si j'ai peur!»

Vie de velours

Et pourquoi avoir intitulé son spectacle Velours? «Parce que j'ai une belle vie, dit celle qui s'identifie totalement à sa génération. Tout va bien pour nous, mais quelque chose ne va pas. On a toutes les chances, toutes les possibilités. C'est mon obsession de tout faire et de ne rien manquer, même si ça ne peut pas marcher. Et puis, qu'est-ce qui arrive quand, dans ta vie parfaite, tu rencontres un échec?»

Katherine Levac s'intéresse ainsi aux bons et aux mauvais côtés de cette vie de velours. Se sent-elle coupable d'avoir une vie si facile? «Non, je trouve ça plate! Ce qui est bien pire pour moi...»

Avec sa petite voix et son air de jeune fille sage, l'humoriste est pas mal moins frontale que Mariana Mazza. Mais elle aime bien dire qu'elle a une main de fer dans un gant de velours, justement...

«Je peux fesser, mais pas dans l'énergie, plus dans le propos. Quand je parle, ça rentre un peu dedans. Je ne hausse pas le ton dans mon show, mais je ne suis pas aussi sweet que j'en ai l'air...»

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Au Théâtre Maisonneuve les 6 et 7 février (à guichets fermés) et en tournée au Québec et en Ontario.




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