Le monde selon Perizzolo **1/2

Vingt-deux ans après sa sortie de l'École nationale... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Vingt-deux ans après sa sortie de l'École nationale de l'humour, Martin Perizzolo a lancé hier soir Nous, son tout premier spectacle solo dont la grande première avait lieu au Théâtre Maisonneuve.

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La PresseStéphanie Vallet 2/5

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Vingt-deux ans après sa sortie de l'École nationale de l'humour, Martin Perizzolo a lancé hier soir Nous, son tout premier spectacle solo dont la grande première avait lieu au Théâtre Maisonneuve. Une salle d'envergure pour l'humoriste, mais surtout un défi de taille pour effectuer ses premiers pas dans la cour des grands et habiter l'immense scène sur laquelle il a évolué pendant près de 90 minutes.

On a d'abord connu Martin Perizzolo dans les publicités des Fromages d'ici, puis dans Les beaux malaises aux côtés de Martin Matte. Mais c'est très loin de ces deux univers qu'on le retrouve dans Nous, où il propose une série d'observations sur le quotidien et la société moderne, avec une pointe d'humour, mais très peu de fous rires au rendez-vous.

Rien n'est laissé au hasard dans le spectacle de Martin Perizzolo, pensé à la virgule près avec son complice Simon Cohen. Dans un décor évoquant un aquarium dans lequel il est le poisson (brodé sur le dos de son veston), l'humoriste n'est pas du genre à mordre à n'importe quel hameçon. 

Celui qui joue souvent les personnages un peu simplets au petit écran compte bien montrer qu'il n'est pas né de la dernière pluie. Alors qu'en janvier dernier, il créait la controverse en perdant son sang-froid devant la caméra de la téléréalité Expédition extrême, Martin Perizzolo a choisi d'ouvrir son spectacle en revenant sur les dessous de son « pétage de câble ». Il se lance alors dans une longue explication sur les dessous de ce tournage qui a mis sa patience à rude épreuve. 

Au-delà du côté anecdotique du récit de cette expérience de survie, on a du mal à saisir le réel caractère comique du texte qui manque cruellement de rythme.

À quelle heure le punch ? questionnerait Denise Filiatrault, qui lançait à quelques pas de là son autobiographie.

L'humoriste a choisi de poursuivre avec un segment d'improvisation avec les spectateurs qui est pas mal tombé à plat. Pour une première médiatique où le public est habituellement vendu d'avance, on remarque peu de réactions autour de nous.

Environnement, surconsommation, téléphones intelligents. Martin Perizzolo se lance dans des observations personnelles de manière très explicative et peu divertissante au final. On écoute son discours bien écrit et bien huilé, on sourit, mais on peine à se laisser aller devant ses blagues de cassettes VHS ou sur l'obsolescence programmée des nouvelles technologies.

LA RÉFLEXION D'ABORD

Au cours de la soirée, l'humoriste aura expliqué le principe des antiacides, de la surconsommation et même du consentement : il fait réfléchir, mais malheureusement pas rire. L'humour cérébral est un sport dangereux quand il n'est pas bien dosé.

Son numéro sur la dépendance au téléphone cellulaire est sans aucun doute le plus réussi de la soirée. Peut-être parce qu'il s'agit du seul qui laisse penser que l'humoriste l'a vraiment vécu. À force de parler de généralités à la première personne, Martin Perizzolo manque d'authenticité, de vécu et d'émotions sur scène. Son texte, bien que très bien ficelé, se fait trop présent. Nous aurait en effet bien besoin d'un petit supplément d'âme. Peut-être qu'un personnage plus appuyé aurait apporté l'effet comique escompté. Nous souffre au final d'un manque de « je » pour réellement interpeller le public.

Nous

Un spectacle de Martin Perizzolo

Au Théâtre Maisonneuve




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