Alexandre Barrette: le pince-sans-rire qui sait faire rire

Quatre ans après son premier spectacle solo, l'humoriste... (PHOTO CAROLINE GRÉGOIRE, LE SOLEIL)

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Quatre ans après son premier spectacle solo, l'humoriste Alexandre Barrette s'est présenté mercredi au Monument-National avec un spectacle bien rodé.

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À 34 ans, Alexandre Barrette se dévoile sans voile ni gêne. Célibataire, il mange souvent des pizzas congelées pour souper et sa confiance en soi peut ressembler à des Piroulines. «Elles sont toujours pétées, ces osties-là.»

Or, quatre ans après son premier spectacle solo, c'est un humoriste solide qui s'est présenté mercredi au Monument-National avec un spectacle bien rodé. Un humoriste prêt à affronter deux ans de tournée en abordant des thèmes universels comme la famille, l'amitié et les défis de la trentaine. À ce chapitre, certaines anecdotes nous amènent vers des sommets de rire.

Dans ce nouveau spectacle dont il signe la mise en scène - simple et efficace -, on sent l'humoriste à la fois vulnérable et en contrôle de son texte. 

Sa fragilité palpable permet même à certaines blagues «pipi caca» d'être applaudies chaudement, comme s'il réinventait le genre.

Alexandre nous raconte par exemple qu'il boit souvent trop de Perrier dans les brunchs où ses amis - en couple avec enfants - ne cessent de l'inviter. Aux prises avec des gaz, il en profite pour aller péter près des bébés pour leur faire passer l'odeur sur le dos. «Ma parole contre la tienne», leur dit-il.

Le lien qui unit l'humoriste à ses amis est bien exploité dans le spectacle, ce qui donne lieu à quelques moments touchants. Qui peut d'ailleurs se vanter, à 34 ans, d'être le parrain d'«Eddy Murphy», même si cela coûte 5000 $? À ce sujet, on salue les parents, Kevin et Marie-Christine, pour l'audace.

Quelques lacunes

Après une première heure bien rythmée, la deuxième partie du spectacle présente quelques lacunes. À un certain point, on perd le fil conducteur.

En humour, il faut être attentif à l'exploitabilité de certaines blagues à caractère régional. Comment l'humoriste parviendra-t-il à exporter à l'extérieur du Grand Montréal son numéro cinglant sur le spa Le Finlandais, situé à Rosemère? Les spectateurs qui ont déjà visité l'endroit peuvent rire du contexte pédant qu'il dénonce, mais on doute que le public de Saint-Marc-des-Carrières - où Alexandre Barrette se produira à guichets fermés le 12 février -, par exemple, y trouve son compte.

À la fin du spectacle, qui ne comporte pas d'entracte, Alexandre Barrette est assis sur un banc, le visage éclairé par une lumière qui représente le soleil. Il nous raconte ce qu'il ferait s'il vivait son dernier jour sur Terre. D'abord, il se tatouerait sur le torse: «Serge Postigo, tu sais ce qu'il reste à faire.» Il ne connaît pas Serge Postigo. La salle rit de bon coeur.

Mais l'humoriste conclut avec un numéro mi-figue mi-raisin, où les spectateurs ne savent plus s'ils doivent rire ou pleurer. Ses punchs, pas assez touchants ni assez drôles, manquent un peu de vigueur. Mais le public oublie vite ces moments inégaux et applaudit chaudement l'humoriste dès que les lumières s'éteignent.

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En supplémentaires au Monument-National les 29 et 30 avril; en tournée jusqu'en 2017.

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