Julien Tremblay: à la croisée des chemins

Julien Tremblay... (Photo David Boily, La Presse)

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Julien Tremblay

Photo David Boily, La Presse

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L'humoriste Julien Tremblay a un parcours atypique. Vingt ans après être sorti de l'École nationale de l'humour, il commence véritablement à percer. La révélation du dernier festival Juste pour rire n'a jamais manqué de travail et a exploité ses talents à la radio, à la télé et comme animateur de festivals. Mais 2016 sera un tournant pour lui.

Dans La Presse du 14 mai 1992, un bref article annonçait les gagnants du concours Jeunes pour rire, organisé par les écoles secondaires du Québec et de l'Outaouais. Les élèves retenus avaient écrit un texte «alliant qualité de la langue et humour». Parmi les trois gagnants: Julien Tremblay, alors âgé de 16 ans.

S'étant fait passer pour sa professeure d'art dramatique de l'école secondaire de Hawkesbury pour s'inscrire(!), l'humoriste en herbe avait gagné 500$ et la chance de présenter son numéro au Théâtre St-Denis lors du festival Juste pour rire 1992. Ça commençait bien pour Julien Tremblay, qui n'avait peur de rien!

«Mon spectacle en novembre prochain au Théâtre St-Denis, c'est un peu comme si je revenais au secondaire avec ce que je sais déjà, dit en riant l'humoriste. C'est back to the future

Après sa première incursion dans l'humour, Julien Tremblay s'est inscrit à l'École nationale de l'humour, dont il est sorti diplômé en 1995, la même année que Laurent Paquin, Martin Matte et Mike Ward. De 1996 à 2001, il a animé plusieurs fois Cégeps en spectacle, a eu une fille et a travaillé dans une radio de Gatineau.

«Je n'ai jamais cherché à être le plus populaire, dit-il, mais j'ai toujours cherché à être le plus drôle. Je faisais de la radio tous les matins, à Gatineau puis à Montréal. Je remplaçais parfois les Grandes gueules. Ensuite, j'ai eu l'émission Julien le matin, à Musimax. Je n'ai jamais manqué de job.»

Trouver son style 

Ses participations à une multitude de festivals régionaux et de spectacles corporatifs, ses présences à des galas Juste pour rire et Grand Rire, ses essais de spectacles solos dans les années 2000, ses expériences dans des comedy clubs, son attirance pour les humoristes américains comme Louis C.K. ou Jerry Seinfeld: tout ça l'a amené à peaufiner ses blagues et son attitude sur scène. En un mot, à trouver son style.

L'apothéose de cette quête a eu lieu l'été dernier à Juste pour rire. Christian Viau, responsable de la programmation des galas, l'a remarqué. Après des auditions, Julien Tremblay a été invité à présenter son personnage de guitariste lors de six galas. Résultat: six ovations spontanées du public de la salle Wilfrid-Pelletier. Quand on en parle à Julien Tremblay, ses yeux s'embuent un peu...

«Déjà, participer aux galas, c'était incroyable, mais là... Quand je suis sorti de scène, Gilbert Rozon m'a demandé mon numéro de téléphone. Un autre soir, la régisseuse m'a félicité. Un autre soir, mes collègues m'ont fait des high five. C'est comme si j'avais eu mille fois "merci beaucoup".»

Préparer le grand jour... 

Son prix Victor de la révélation de Juste pour rire en poche, Julien Tremblay prépare donc son premier véritable spectacle solo qui le verra fouler de nouveau la scène du Théâtre St-Denis, le 16 novembre prochain.

Avec Mike Ward comme script-éditeur, il parlera notamment de maladie et de la façon dont sa mère et ses tantes ont vaincu le cancer. Mais il n'abordera pas son aventure à Cuba, en octobre dernier, quand il a été hospitalisé pour un grave problème intestinal. «Ç'a été un bon training mental. J'ai travaillé sur ma patience! J'utiliserai cette expérience pour parler de positivisme.»

Julien Tremblay veut faire rire avant tout. «Et offrir le maximum en une heure et demie, dit-il. Je veux avoir l'air du Québécois de 2016, avec une certaine finesse. Parce qu'on est en 2016!»

Puisque c'est la période des voeux, il avoue qu'il aimerait bien retourner un jour en France, où il s'était produit à la suite de Jeunes pour rire quand il avait 17 ans. Il aimerait aussi essayer son personnage de musical comic aux États-Unis. «J'aime ça, sortir de mes souliers. Sauf dans ma vie personnelle où j'aime m'habiller mou!»

Une vie personnelle qui lui fait du bien. La chanteuse France D'Amour est son amoureuse depuis trois ans. «Elle a tellement de talent que ç'a changé de quoi dans mon attitude, dit-il. Du coup, elle me rend plus beau et ça change sûrement quelque chose dans ma carrière.»

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