Stéphane Fallu: l'humoriste fraternel

Dans son second spectacle, Bon deuxième, Stéphane Fallu... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Dans son second spectacle, Bon deuxième, Stéphane Fallu parle notamment de l'acceptation de soi, de la famille et du bilinguisme.

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L'humoriste Stéphane Fallu présente son deuxième spectacle, Bon deuxième, au Théâtre St-Denis mercredi et jeudi. À 45 ans, ce père de famille conserve son côté ingénu et convie le public à une communion fraternelle. La Presse l'a rencontré.

Dix ans ont passé depuis Les théories de Fallu. Vous étiez dû!

C'est long, mais je n'étais pas parti en Inde méditer sur mes chakras! J'ai participé à des galas, fait de la télé et vécu plein de choses. La venue de mes enfants. Notre vie en banlieue. Je me suis senti prêt pour mon deuxième show.

La maturité s'est emparée de vous!

Un peu! Je suis maintenant un jeune adulte avec une maison et des REER! Mais c'est vrai que j'ai un côté très naïf de la vie. Mon côté ado est peut-être de croire encore à l'être humain. Sinon, je suis bien, plus que jamais. J'ai perdu du poids, changé mes habitudes. Je n'ai jamais été aussi près de ma famille et je fais beaucoup de sport. J'ai encore des affaires à travailler. Mes abdos, par exemple!

Le titre du spectacle est un peu l'histoire de votre vie?

Les gens qui me connaissent savent que Fallu, c'est le bon gars qui n'est jamais devenu une vedette mais qui est là depuis 20 ans! C'est un clin d'oeil et c'est aussi pour dire qu'être deuxième, c'est déjà bien. Tout le monde veut être le premier, le plus performant, celui qui vend le plus de billets, et pourtant, autour de nous, il n'y a jamais eu autant de monde tout croche. Ce n'est pas grave de ne pas être le premier, pourvu qu'on ne soit pas le dernier.

C'est une façon de parler de l'échec...

C'est un numéro qui dit qu'on devrait accepter qui on est, l'assumer et évoluer.

Vous parlez de paternité...

Je parle plus de ma vie avec ma famille. Les rapports avec ma blonde, nos vacances, les peurs de nos enfants, nos questionnements sur ce qu'ils vont devenir.

Vous évoquez votre vie de couple...

Oui, la vie de deux personnes mariées qui vivent dans un espace. Quelqu'un m'a dit que ma façon de voir le couple est un peu «Louis C.K.». Le cliché que le gars est comme ça et la fille de même, ce n'est plus vrai. Les gens ont changé, je crois.

Vous parlez du bilinguisme. C'est le seul sujet sérieux du spectacle?

J'ai inséré de la politique et de la religion dans mes gags au lieu de faire des numéros juste là-dessus.

Dominic et Martin vous ont aidé pour ce spectacle.

Oui, Martin à la mise en scène et Dominic aux textes. J'ai aussi travaillé avec l'humoriste Sébastien Ouellet qui m'a donné des pistes et m'a aidé pour les 11 capsules vidéo qui accompagnent le show.

Il y a deux ans, vous aviez dit que vous vouliez un second spectacle plus «punché». C'est le cas?

Il est drôle, sans morale. Les gens rient beaucoup, car ils se reconnaissent. C'est plein de petits numéros avec des changements de rythme, du stand-up américain, de l'anecdote, de la musique. Et une belle finale en interaction avec le public.

Votre volonté était de créer une atmosphère intime.

Oui. On est des amis. Des spectateurs me disent: «On dirait qu'on est chez vous. On peut être fâchés contre toi ou amis avec toi!»

C'est un spectacle avec de l'émotion.

Oui. L'émotion, ce n'est pas de parler du cancer, mais de quelque chose qui me touche. Le fait de travailler avec Dominic et Martin m'a permis d'aller au fond de moi, de parler avec passion et de dire aux gens qu'on peut être bien et toujours revirer une vie. Le cynisme, je le laisse à d'autres.

Au Théâtre St-Denis 2 les 25 et 26 mars

Questions éclair

Le personnage qui lui ressemble le plus

«Pierre Richard. Avec mon côté lunatique, il m'arrive toujours des aventures! Je peux partir en tournée en oubliant mes souliers et en ayant juste mes grosses bottes Sorel!»

L'humoriste pour lequel il a le plus de respect 

«Mike Ward. Pour sa générosité, son authenticité, la façon dont il livre ses gags et son intégrité.»

L'artiste dans la peau duquel il aurait voulu se glisser

«Coluche, Woody Allen et Les Denis Drolet ensemble!»

L'endroit où il vivrait s'il n'était pas au Québec

«En Belgique. J'y ai fait de l'impro quand j'étais jeune. Il y a un côté burlesque chez les Belges qui me rejoint. Et la chaleur des gens.»

La qualité la plus importante chez un homme

«L'écoute. Il faut que j'écoute ma blonde, mes enfants, le metteur en scène, ma comptable et mon chien!»

Et chez une femme...

«Être authentique, être ce qu'elle dit être.»

Ce qui le vous choque le plus dans la vie

«L'injustice et l'indifférence. On est trop centrés sur nous-mêmes au Québec et troublés par des problèmes qui n'en sont pas quand on regarde ailleurs dans le monde.»

Optimiste, Stéphane Fallu?

«Oui! Je vois souvent des jeunes conscientisés qui se prennent en main et vont aider des gens. Si chaque personne fait juste un sourire chaque jour ou apporte un lunch de plus, ça peut faire une différence.»

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