Clémence DesRochers: et si c'était la vraie dernière fois?

À l'exception du Carré noir, un monologue récent... (Photo: André Chevrier, fournie par la production)

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À l'exception du Carré noir, un monologue récent dans lequel Clémence joue à l'analphabète de l'internet, nous étions en terrain connu. Et pourtant, nous avions l'impression d'assister à un spectacle tout neuf.

Photo: André Chevrier, fournie par la production

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Comme elle en a pris l'habitude, Clémence a demandé aux spectateurs venus la voir au Théâtre Outremont samedi soir si c'était leur première fois. Étonnamment, ce l'était pour plusieurs d'entre eux. «Vous attendiez quoi?, qu'elle leur a dit. Que j'aie 80 ans? Je les ai!»

Pas rancunière le moins du monde, Clémence leur a fait faire le tour de son jardin le temps de ce «12e» dernier show. «Sincèrement, celui-là, c'est le dernier», a-t-elle ajouté comme l'auraient fait Aznavour ou les Stones. Et pendant tout près de deux heures, les initiés et les néophytes lui ont fait un triomphe comme l'avait fait le public de la veille dans la même salle - comment en douter quand c'est Clémence qui nous le dit?

La manière Clémence

À l'exception du Carré noir, un monologue récent dans lequel Clémence joue à l'analphabète de l'internet, nous étions en terrain connu. Et pourtant, nous avions l'impression d'assister à un spectacle tout neuf.

Appelons ça la manière Clémence, qui convoque tour à tour la fantaisiste, l'humoriste, la mime (!), la danseuse espagnole, la chanteuse et la poète-aux-vers-de-12-pieds-avec-césure en elle pour nous émouvoir ou nous faire rire. Qui d'autre qu'elle peut conclure la chanson Deux vieilles en chuchotant un «je l'espère» senti, enchaîner avec l'hilarante et rassembleuse Y mouille tout le temps puis nous entraîner dans le monologue tragi-comique de La jaquette en papier?

La manière Clémence, c'est aussi cette impression qu'elle donne de nous faire une confidence en racontant comment, toute jeune, elle avait l'impression d'être à l'autre bout du monde quand son père Alfred l'amenait dans la chaloupe Verchères sur la rivière à l'extrémité de la rue Pacifique. Ce père poète pour qui elle chantera L'homme de ma vie, comme elle rendra hommage à sa mère (Maman) sur une très belle musique d'Ariane Moffatt.

La manière Clémence, c'est enfin des trous de mémoire tellement bien intégrés dans le spectacle qu'ils servent de prétexte à des échanges amusants avec son «aide-mémoire», le pianiste Steve Normandin, bien appuyé par Jean René à l'alto et Blanche Baillargeon à la contrebasse.

Une invitée discrète

Pour l'occasion, Clémence avait proposé à sa cousine par alliance, Marie-Michèle Desrosiers, de partager la scène avec elle. Une invitée très discrète, certes, mais sans laquelle la plus jeune des octogénaires n'aurait peut-être pas remis les pieds sur scène même si ce n'est pas l'envie qui manquait.

Les deux amies ont chanté ensemble, elles se sont taquinées, Marie-Michèle se tenant un peu à l'écart quand Clémence se lançait dans un de ses monologues classiques ou harmonisant joliment avec elle le temps d'une de ses chansons non moins connues. À l'occasion, Clémence a cédé l'avant de la scène à Marie-Michèle, qui a chanté Beau Dommage et Félix ainsi que Ma mère m'a dit, un très beau cadeau que sa cousine lui a offert et que Michel Rivard a mis en musique.

Si c'était, comme l'a dit Clémence, la vraie dernière fois, ça se sera terminé en beauté. Mais bon, il lui reste encore quelques spectacles à donner cet automne et elle entend bien remettre ça au printemps, juste pour le plaisir de dire à son public d'un soir: «Vous attendiez quoi? Que j'aie 81 ans?»

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