Emmanuel Bilodeau: drôle de conteur

Si Emmanuel Bilodeau le comédien n'a depuis longtemps plus rien à prouver,... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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Photo Olivier Jean, La Presse

Si Emmanuel Bilodeau le comédien n'a depuis longtemps plus rien à prouver, l'humoriste, lui, passait jeudi soir sur la scène du Monument national un ultime examen avant d'entrer dans la grande famille de l'humour en présentant devant le public montréalais One Manu Show, son tout premier spectacle solo.

Avec comme seul décor des chaises suspendues virevoltant au-dessus de la scène, « le plus vieil humoriste débutant du Québec » a donné le ton en prenant en otage l'annonce d'usage avant le début de tout spectacle.

Emmanuel Bilodeau a consacré la première partie de sa performance à sa famille, partageant les anecdotes les plus savoureuses sur ses trois enfants « terrible two, fucking four et sweet sixteen ».  Lui qui rêvait d'avoir une tribu comme celle des von Trapp dans la Mélodie du bonheur, il dépeint une réalité beaucoup moins harmonieuse qu'il a bien entendu choisi de...chanter ! 

Un tableau amusant, mais pas hilarant dont on apprécie surtout la finesse des textes.

L'humoriste se fait rapidement conteur pour parler de ses parents et de ses 11 frères et soeurs. Il nous transporte alors dans son univers, celui du petit dernier non désiré à qui on fait croire qu'il a été adopté, même s'il partage les mêmes névroses que le reste de sa famille. On ne peut qu'embarquer quand il se lance dans le récit de la rencontre de ses parents avant d'imiter le spermatozoïde qui a donné la vie au petit Emmanuel Bilodeau. De l'accident de baseball qui a cassé son nez et fait de lui « une minorité visible », à ses prières au bon Dieu pour avoir un costume de super héros, il se confie sur son enfance avec une belle sincérité.

Emmanuel Bilodeau brille particulièrement à la fin de la première partie du spectacle dans la peau du porte-parole d'un foyer de personnes âgées, livrant un vibrant monologue.

Après l'entracte, on retrouve Emmanuel Bilodeau dans un autre registre, incarnant son personnage de Tonino Tomato qu'on a pu découvrir dans le cadre des galas Juste pour rire. 

Les rires du public se font alors plus francs, portant Emmanuel Bilodeau jusqu'au récit de ses problèmes d'apnée du sommeil et de son cas de conscience quand il magasine chez Costco, lui qui est si écolo. Sa touchante discussion avec sa fille dans un parc glissera ensuite peu à peu vers son fameux discours politique qui lui a valu en 2011 le prix du meilleur numéro à Juste pour rire.

Sans aucun doute le moment où le public a été le plus conquis de la soirée.

Si les fous-rires n'étaient pas toujours au rendez-vous jeudi soir au Monument national, nous avons passé néanmoins une très belle soirée : Emmanuel Bilodeau n'avance pas en mode « une ligne un punch » mais s'inscrit plutôt dans la tradition des conteurs, usant de personnages colorés et attachants.

Emmanuel Bilodeau, le comédien aguerri déstabilise et surprend, faisant découvrir au public plus que l'humoriste l'amoureux des mots qui nous embarque dans des récits aussi captivants que personnels même s'il gagnerait parfois à un peu plus articuler.

« Pourquoi je fais un show d'humour ? Pour l'égo ? Pour la thérapie de groupe ? », questionne Emmanuel Bilodeau sur scène. Non pour l'amour de la scène mais surtout celui des mots M. Bilodeau. Bienvenue dans la grande famille de l'humour.

Au Monument national jusqu'au 27 septembre à guichets fermés. Supplémentaires les 6 et 7 février au St Denis.




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