Les Parlementeries : entre la politique et le combat de coqs

Patrick Huard, Stéphane Rousseau et Martin Matte dans... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Patrick Huard, Stéphane Rousseau et Martin Matte dans la cinquième mouture des Parlementeries, présentées au Théâtre Saint-Denis.

Photo: André Pichette, La Presse

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Bizarres, ces Parlementeries que nous avons vues hier au Théâtre Saint-Denis. À mi-chemin entre la politique et le combat d'insultes.

Après les gags politiques - et inégaux - de la présentation précédente, avec entre autres Daniel Lemire, Yvon Deschamps et Pierre Légaré, la cinquième mouture présente une nouvelle génération d'humoristes.

L'action se déplace cette fois à Ottawa avec à la tête des partis fédéraux Patrick Huard (bleu, au pouvoir), Martin Matte (rouge) et Laurent Paquin (blanc, souverainiste), ainsi que Stéphane Rousseau comme président de la Chambre. On ne sait pas trop si les gags portent sur les politiciens fictifs ou sur les humoristes qui les incarnent.

On a ri des publicités de Honda - encore - et du flirt avec le cinéma de Martin Matte. Il a aussi été question de Laurent Paquin qui ressemblerait à «un morse», de la prétendue surdité de Serge Grenier et des conquêtes de Patrick Huard. D'après notre calcul, il y a eu six blagues de pénis.

Heureusement, le spectacle est sauvé par l'indéniable talent des humoristes. Cela ressemble à de la boxe rhétorique qu'on apprécie du confort de son siège, bien heureux de ne pas devoir encaisser les coups. Matte et Huard se démarquent particulièrement, avec des vacheries grinçantes et même provocantes. On passe des nains à Lynda Lemay, sans oublier la Shoah...

Le genre politique est très difficile à manier en humour. On en a eu la preuve hier. Certains textes se noyaient dans le cliché, comme ces insultes minute sur les boeufs de l'Alberta et les têtes carrées de l'Ontario qui se couchent en même temps que le soleil. D'autres étaient mieux écrits. C'est surtout le cas de ceux sur l'isolationnisme intellectuel du ministre des Affaires étrangères, Serge Grenier, et toutes les interventions d'Yves P. Pelletier. L'ex-RBO était superbe dans son vieux personnage de Damien Bouchard, inventif et fou comme d'habitude.

Le personnel compte aussi Pierre Brassard (chef du parti Orange, tout en brun défraîchi), Rémy Girard (ministre-cowboy de l'Environnement) et Mike Ward (porte-parole de l'opposition rouge en matière de justice).

Ces Parlementeries ressemblent à un match des Étoiles de la LNH. Jeu d'ensemble décousu et manque d'unité dans les échanges, mais beaucoup de vedettes et de performances solos assez impressionnantes. Et heureusement, on a eu la bonne idée de resserrer la performance. Contrairement aux présentations précédentes, celle-ci dure seulement 1 h 45, sans entracte. La seule véritable longueur: le numéro d'ouverture dans lequel Stéphane Rousseau étale toute sa superbe, déguisé en dandy pour mieux déclamer son texte et danser. Côté visuel, la mise en scène (signée Guy Lévesque) est toutefois très réussie.

Comme pour le reste du spectacle, on ne sait pas toujours ce qu'on veut dire, ni où on se dirige. Mais on finit par rire, heureusement.

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Les Parlementeries, au Théâtre Saint-Denis jusqu'à ce dimanche, inclusivement.

 




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