L'héritage de Margie Gillis

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Margie Gillis s'est lancée corps et âme dans une nouvelle entreprise: transmettre sa pédagogie, son répertoire et sa philosophie à une cinquante d'artistes à travers le Projet Héritage. La mythique interprète et chorégraphe présentera en compagnie de huit de ses collaborateurs un spectacle dans lequel on retrouvera ses plus célèbres solos dansés pour la première fois par d'autres, mais aussi de nouvelles pièces. À découvrir ce soir et demain à la Cinquième Salle.

TRANSMETTRE

Il y a quatre ans, Margie Gillis a confié à Alexandra Wells, cofondatrice de Springboard Dance Montréal, qu'elle rêvait de travailler avec certains danseurs qu'elle avait pu croiser au fil de ses mandats d'enseignante au sein de l'organisme. Un désir qui aura rapidement trouvé écho à travers la volonté de nombreux interprètes souhaitant reprendre son répertoire. «Avec les ressources qu'on avait, on est allés dans ma maison de famille avec tout le monde pour commencer à travailler mon répertoire et la manière de l'enseigner. On est environ une cinquantaine dans ce projet, et ce spectacle n'en représente qu'une infime partie», a expliqué Margie Gillis à La Presse lors d'une répétition du spectacle Projet Héritage. Parmi les plus célèbres créations de la chorégraphe et interprète, Bloom (1989), un solo dansé sur un texte de James Joyce, lu par Siobhan McKenna, sera interprété par la New-Yorkaise Troy Ogilvie. «Troy est bien plus drôle que moi! C'est un délice de la voir danser ce solo. On a changé quelques petites choses pour elle et j'adore ce qu'elle en a fait!», affirme Margie Gillis.

DÉFIER

C'est dans le silence le plus complet que s'amorcera Projet Héritage, avec la présentation de La présence de l'absence, une version privée de trame sonore de Blue, solo habituellement exécuté sur la chanson Famous Blue Raincoat de Leonard Cohen. Une décision prise au pied levé par Margie Gillis à la suite de l'annonce par les Ballets Jazz de Montréal de la présentation de Dance Me, une création pour laquelle ils détiennent l'exclusivité internationale de l'utilisation en danse des oeuvres de Leonard Cohen. «Ce n'est pas la première fois que je dois faire face à de telles difficultés. Quand mon frère était mourant, on devait changer la chorégraphie, car il ne pouvait plus me porter. Le résultat n'en était que meilleur. Une fois qu'on dépasse la tristesse et le choc, nous sommes des personnes créatives. Depuis, c'est devenu une philosophie: toujours trouver comment surpasser les défis et les problèmes», explique Margie Gillis, qui a choisi de se joindre à tous ses collaborateurs sur scène pour entourer la danseuse Susie Paulson durant son solo.

SE RÉAPPROPRIER

Créée en 1986, The Little Animal est une des pièces les plus emblématiques du style de Margie Gillis. Un solo de trois minutes sur l'innocence de l'enfance repris pour la toute première fois par l'artiste montréalais Marc Daigle, collaborateur de longue date de Margie Gillis. «La version de Marc est très différente de la mienne. C'est la même chorégraphie, mais l'emphase et la trame narrative sont différentes. Je l'ai créée en tant qu'être humain, et non en tant que femme, alors ça ne change rien qu'un homme danse cette pièce. On l'a même déjà faite en duo!», précise Margie Gillis. «Certains danseurs reprennent mon répertoire presque de la manière dont je l'interprète. D'autres moins, comme Marc qui danse The Little Animal en complet d'homme d'affaires. Ils sont tous si talentueux. Ils reprennent les pièces et les font grandir tout en grandissant avec elles», ajoute-t-elle.

ADAPTER

Plus que la transmission de son répertoire, Margie Gillis tient à ce que les danseurs puissent reprendre ses pièces pour les amener plus loin. «Je vois les autres reprendre mes oeuvres et les maîtriser. Je viens de réaliser que je ne vais pas toujours être là, que les choses changent. C'est très spécial de voir tous ces artistes qui veulent prendre ce que j'ai pour se l'approprier. Je suis follement heureuse. Je n'en ai jamais vraiment eu à faire de danser ou pas. Je voulais juste voir la magie apparaître. J'aime danser, bien entendu, mais c'est beaucoup de travail!», confie-t-elle tout en souriant. La danseuse partagera ainsi la scène avec huit autres interprètes sur Complex Simplicity of Love (2003). «Susie Paulson et Neil Sochasky ont fait un super boulot avec leur duo que j'ai réorganisé très organiquement sur la scène.»

INNOVER

Projet Héritage sera également l'occasion pour Margie Gillis et ses collaborateurs de présenter deux nouvelles pièces: Circular Labyrinth et Life Is A Fleeting Moment. «Ruth Naomi Levin a été une des premières à vouloir participer au Projet Héritage. Circular Labyrinth est une pièce que j'ai faite pour elle l'été dernier. Ce sera sa première mondiale sur scène. J'ai quelques modifications à apporter au costume qui est encore trop distrayant, mais elle est époustouflante», précise Margie Gillis, qui dansera, quant à elle, un solo très orienté sur le mouvement. Projet Héritage sera présenté dans le cadre d'une tournée à travers le Québec et devrait également se dupliquer sur une scène new-yorkaise prochainement. «Beaucoup de gens sont rattachés à une école. Ce n'est pas mon cas. Ce projet est en quelque sorte ma "maison itinérante"», conclut Margie Gillis.




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