Marie Chouinard pour la première fois à Avignon

Si présenter pour la première fois une chorégraphie... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Si présenter pour la première fois une chorégraphie au Festival d'Avignon ne l'émeut pas outre mesure, Marie Chouinard est en revanche très excitée par son mandat de directrice de la danse à la Biennale de Venise, qu'elle exercera de 2017 à 2020.

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Alexis Gacon

Collaboration spéciale

La Presse

(AVIGNON) La chorégraphe québécoise Marie Chouinard, qui dirigera le volet danse de la Biennale de Venise dès 2017, est programmée pour la première fois au Festival d'Avignon, principale manifestation des arts de la scène en France, avec sa pièce Soft virtuosity, still humid, on the edge.

Ce que représente pour elle cette première au Festival d'Avignon? «Rien du tout», répond-elle dans un sourire. Mais celle qui a été nommée chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres dans l'Hexagone confesse une relation particulière avec la France. «Ce sont mes petits-cousins. [...] Et j'ai un lien très fort avec la France depuis le début, depuis 40 ans.»

Un accueil hésitant

Le 17 juillet, son spectacle Soft virtuosity, still humid, on the edge, déjà joué dans plusieurs villes européennes, découvrait l'immense cour du lycée Saint-Joseph d'Avignon, édifié au XIXe siècle par les jésuites. Un bel écrin pour un spectacle très attendu: les gradins étaient remplis.

Dans des tons de bleu et de noir, les danseurs claudiquaient. Leurs visages dessinaient des rictus projetés sur le mur de la cour. Les têtes se cachaient, il n'y avait plus que des corps, qui refusaient une cadence harmonieuse pour trouver leur rythme, atypique, bancal. La musique de Louis Dufort craquait, grésillait, et les danseurs tanguaient au ralenti, les corps s'étendaient, glissant sublimement de jardin à cour.

La lumière s'éteint. Le public semble hésiter devant cette oeuvre exigeante. Surpris ou en état de choc? Des bravos retentissent, Marie Chouinard s'avance et s'agenouille, sort en gambadant, laissant la lumière à ses danseurs.

Dans un article du quotidien régional Le Dauphiné Libéré, la journaliste Sophie Bauret parle d'un «accueil en demi-teinte». «La chorégraphe québécoise, figure majeure dans son pays [...], n'a pas séduit complètement, laissant une partie des spectateurs un peu déroutés, écrit-elle. Pourtant, la dernière pièce de Marie Chouinard a bien des atouts. Les interprètes [...] sont tous excellents.»

Sébastien Cossette-Masse et Megan Walbaum dans la pièce... (Photo Nicolas Ruel, fournie par la Compagnie Marie Chouinard) - image 2.0

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Sébastien Cossette-Masse et Megan Walbaum dans la pièce Soft virtuosity, still humid, on the edge de Marie Chouinard

Photo Nicolas Ruel, fournie par la Compagnie Marie Chouinard

Venise, nouveau chapitre

À peine les lumières de la cour du lycée Saint-Joseph d'Avignon éteintes (le spectacle y est présenté jusqu'au 23 juillet), Marie Chouinard s'envolera vers Madrid pour présenter en avant-première sa nouvelle pièce Jérôme Bosch: le jardin des délices, inspirée par le triptyque du peintre néerlandais. Mais elle voit déjà plus loin: «Ce qui m'excite, c'est la prochaine. Le fait que ce soit une nouvelle aventure. [...] Comme le Big Bang. Ça fait wow! et ça s'organise.» 

La chorégraphe vient de recevoir un important mandat: elle agira comme directrice de la danse à la Biennale de Venise de 2017 à 2020. «À Venise, je retrouve un espace de moi. Il y a quelques villes au monde qui me font cela.»

«En invitant des oeuvres, des artistes, des danseurs auxquels je crois, cela va me permettre de redonner au public d'autres choses que les miennes. Et de lui offrir ce que j'aime, comme on invite des gens à manger.»

Folie humaine

Avignon étant à 260 kilomètres de Nice, les événements du 14 juillet ont été au coeur de toutes les discussions au festival.

«La folie des êtres humains. Cela fait des siècles que c'est comme cela [...]. C'est dans notre ADN, quelque part, et cela me sidère. Peut-être arriverons-nous à changer cela en modifiant notre code génétique?», s'interroge-t-elle...

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