Dave St-Pierre de retour pour une création «à grand déploiement»

Le goût de l'audace est l'élément qui manque... (PHOTO ALEX HUOT, FOURNIE PAR DAVE ST-PIERRE)

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Le goût de l'audace est l'élément qui manque le plus au secteur de la danse au pays, déplore le chorégraphe Dave St-Pierre.

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Deux ans après sa fracassante déclaration «pas d'argent, pas de show», le chorégraphe montréalais Dave St-Pierre est de retour. Au cours des trois prochaines années, il créera un spectacle au Centre de création O Vertigo, la compagnie de la réputée Ginette Laurin, qui s'est donné pour mission d'appuyer la relève. Son retour annonce-t-il que les conditions de création s'améliorent pour le secteur de la danse? «Non, ça va encore plus mal», répond St-Pierre.

«Maintenant, j'irai là où il y a de l'argent. Pas d'argent, pas de show», affirmait Dave St-Pierre il y a deux ans. Depuis, il a créé des spectacles en France, en Allemagne et en Espagne, mais avait quelque peu délaissé le Québec... jusqu'à hier.

Grâce au soutien du Centre de création O Vertigo, qui lui offre une résidence artistique de trois ans, St-Pierre entamera sous peu la création d'un nouveau spectacle «à grand déploiement». Or, dans cette nouvelle production, les spectateurs ne retrouveront pas ce qu'il a fait par le passé avec la trilogie formée de La pornographie des âmes, Un peu de tendresse, bordel de merde! et Foudres, prévient-il.

«J'ai le goût de prendre des risques. Après la trilogie, qui était une recette qui fonctionne, le créateur est fatigué. J'ai envie d'essayer autre chose, quitte à me "péter" la gueule», affirme Dave St-Pierre.

Ce goût de l'audace est l'élément qui manque le plus au secteur de la danse au pays, déplore le chorégraphe.

«Rien n'a changé [au Québec] depuis deux ans. J'ai parlé ces derniers jours avec des diffuseurs qui se font dire de prendre moins de risques. Vraiment, je ne pense pas que ça va mieux, je pense même que ça va plus mal.»

«C'est triste de [croire que dans notre] milieu, pour que ça soit rentable, il ne faut pas prendre de risque, poursuit le chorégraphe. C'est inadmissible. [...] On est pris avec des bien-pensants qui croient avoir la solution magique pour remplir leurs salles et ne pas faire de déficits. Or, on appauvrit ainsi considérablement la communauté [artistique] et le public», ajoute-t-il.

Un soutien pour la relève

Ginette Laurin, dont la réputation dépasse les frontières du Canada, est une pionnière de la danse contemporaine au pays. Sa compagnie de danse, O Vertigo, existe depuis plus de 30 ans et figure dans la courte liste des créateurs qui reçoivent d'importantes sommes des conseils des arts pour soutenir leur budget au fonctionnement.

Ginette Laurin, dont la réputation dépasse les frontières... (PHOTO NINON PEDNAULT, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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Ginette Laurin, dont la réputation dépasse les frontières du Canada, est une pionnière de la danse contemporaine au pays. Sa compagnie de danse, O Vertigo, existe depuis plus de 30 ans.

PHOTO NINON PEDNAULT, ARCHIVES LA PRESSE

L'été dernier, après mûre réflexion, Mme Laurin a choisi de changer la mission d'O Vertigo afin d'en faire un centre de création pour soutenir les chorégraphes de la relève. Dave St-Pierre sera le premier à tester ce nouveau modèle.

«L'idée d'une pièce à grand déploiement, c'est un peu le legs que j'aimerais laisser, puisque c'est sous cette forme que j'ai beaucoup créé. On parle ici d'une oeuvre avec un nombre important de danseurs et de décors.»

«Notre choix s'est arrêté sur Dave. C'est un artiste important de la nouvelle génération qui est reconnu [par ses pairs], mais qui n'a pas le soutien organisationnel et financier qu'il mérite.»

Au cours des deux prochaines années, St-Pierre se concentrera sur la création d'un nouveau spectacle. Ensuite, il partira en tournée pendant un an, au moment même où le Centre de création O Vertigo accueillera un nouveau chorégraphe en résidence, selon les plans actuels.

Une «part importante» des subventions que reçoit annuellement la compagnie de Ginette Laurin - qui en assure toujours la direction artistique - sera consacrée à la création de Dave St-Pierre, explique-t-on.

«Quand j'ai commencé, un seul modèle était possible: c'était le chorégraphe qui fonde sa compagnie. Maintenant, ce n'est plus envisageable. Il n'y a pas plus de financement, mais il y a plus de compagnies. La demande est beaucoup plus élevée, mais la diffusion demeure difficile. Nous entrons dans l'ère du partage», soutient Mme Laurin.

«Ce nouveau modèle me semble être une très bonne façon de soutenir le milieu de la danse et de faire en sorte que notre art continue à s'épanouir», conclut-elle.

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