Bagne: violence et passion ****

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Lael Stellick (en bas) et Milan Panet-Gigon (en haut) dans Bagne de PPS Danse (Pierre-Paul Savoie).

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Luc Boulanger
La Presse

Le philosophe Blaise Pascal estimait que tout le malheur des hommes vient du fait qu'ils ne savent pas demeurer en repos, dans une chambre. Imaginez comme on est malheureux au bagne...

À l'occasion de son 25e anniversaire, la compagnie PPS Danse a eu l'idée de revisiter une oeuvre phare, puissante, de son répertoire, qui a été présentée 115 fois ici et ailleurs. Et d'en confier l'interprétation à deux jeunes et excellents danseurs, au sommet de leur forme physique.

Créée en 1993, Bagne demeure une pièce forte et percutante. À travers des tableaux d'une cruelle beauté, mêlant une gestuelle très virile à des élans de tendresse, Bagne aborde donc l'emprisonnement des êtres humains. Par-delà la prison dans laquelle les deux interprètes sont enfermés, la pièce évoque surtout nos prisons intérieures, notre incapacité à briser les chaînes de nos ego, notre difficulté à nous tourner vers l'autre.

Si Bagne dégage une bonne dose d'homoérotisme - le corps masculin y est à la fois foyer de tension et de passion -, l'oeuvre dépasse la lecture homosexuelle.

D'ailleurs, les créateurs en ont fait une version féminine, en 1998, qu'ils ont présentée à Montréal et à New York.

Dans la version à l'affiche de la Cinquième Salle, Lael Stellick et Milan Panet-Gigon jouent davantage sur l'ambiguïté d'une néomasculinité trouble. Ces jeunes hommes-là sont indéniablement en perte de repères et de modèles.

Un huis clos intense

Les chorégraphies ont été réactualisées par Hall et Savoie. On y retrouve encore la danse-théâtre de la version originale, mais beaucoup plus vigoureuse, acrobatique, assez proche de l'univers du cirque actuel. Peu de danse au sol, mais beaucoup de sauts dans l'espace, de suspensions par les bras et les jambes, de duos où chacun s'agrippe au corps de l'autre.

La «physicalité» de Hall et Savoie est intense et radicale. À l'image de leur quête artistique.

Bernard Falaise signe une nouvelle musique pour cette recréation. Sa trame se juxtapose aux bruits de métal et de portes de clôture qui se ferment, car on a introduit des micros dans le décor pour amplifier l'atmosphère de huis clos.

Superbe scénographie 

Il faut bien sûr mentionner cette superbe scénographie de Bernard Lagacé, qui a reproduit une gigantesque cage métallique sur deux niveaux. Un rideau de plaques en argent occupe le fond de la scène et se transforme sous les magnifiques éclairages de Marc Parent, suggérant une porte.

Celle du paradis ou de l'enfer? On vous laisse la liberté de choisir en allant voir ce spectacle fort réussi.

À la Cinquième Salle de la Place des Arts jusqu'au 31 octobre, dans le cadre de Danse Danse. En tournée: les 8 et 9 décembre au Grand Théâtre de Québec; le 14 janvier au Théâtre de la Ville de Longueuil; le 16 janvier au Théâtre de la Rubrique de Saguenay.

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