Mélanie Demers: des pieds à la tête aux pieds

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Mario Cloutier

La chorégraphe Mélanie Demers présente pour la première fois à Montréal Would, une pièce qui a valu à Marc Boivin en 2014 un prix décerné par l'Alliance des arts de la scène à Toronto.

Même si Would a été présentée à Toronto en 2013, la version offerte à Montréal ces jours-ci est «presque une nouvelle création». La chorégraphe Mélanie Demers a, pour ainsi dire, vécu deux accouchements en même temps, son premier bébé et ce spectacle renouvelé. Comme son titre au conditionnel l'indique, cette chorégraphie fouille l'univers du conditionnel, du potentiel, du peut-être ou pas du tout. Et s'il utilise le corps, le travail de Mélanie Demers passe aussi par la tête avant de se rendre aux pieds.

«Il n'y a pas de clivage entre penser et danser. La tête fait partie du corps. Et dans notre monde, on oublie notre corps. C'est pourtant avec lui qu'on découvre le monde.»

En créant cette nouvelle version, Mélanie Demers a découvert, elle, le plaisir d'un spectacle plus long, d'un rythme différent.

«Would faisait partie, au départ, d'un programme triple, mais le temps se déploie différemment maintenant. On peut aller plus loin avec des idées qu'on ne faisait qu'effleurer dans la première version. On laisse le propos s'installer.»

Ici maintenant

Un propos empreint de dualité sur cette manie de toujours nous projeter dans l'avenir, de spéculer sur le meilleur et redouter le pire. En s'accommodant, à la fin, du «ici maintenant».

Dans Would, les danseurs Marc Boivin et Kate Holden sont à la recherche d'harmonie. Ils hésitent, essaient, échouent. En panne de synchronicité, ils s'affrontent. L'enfer, c'est l'autre.

«Les interprètes ne forment pas un couple. On n'a pas travaillé dans ce sens-là. C'est plutôt un huis clos au sens où Sartre l'entendait. Nous devons, en tant que spectateurs, réfléchir à ce qu'être ensemble veut dire.»

Il s'agit donc de partager la scène différemment pour ces deux danseurs qui ont eu beaucoup de marge de manoeuvre en répétition et qui en auront encore en représentation.

«Je suis reconnaissante envers eux, dit Mélanie Demers. Ils ont été appelés à se dépasser pour cette pièce, à se mettre en danger. Leur fragilité fait leur force, puisque de soir en soir, ils peuvent réinventer le chemin.»

Improvisation

La forme épouse ainsi le fond. Normal qu'il y ait place à l'improvisation quand on veut toucher à des sujets comme «tous les possibles», l'utopie, l'échec ou les actes manqués.

«C'est une façon de travailler différente, convient-elle. Ce serait plus simple si j'écrivais tout, mais je préfère cette façon de mettre en lumière le travail des interprètes. Même si, pour eux, cela peut être plus exigeant.»

Présentée à Toronto en 2013, Would a été finaliste pour cinq prix Dora Mavor Moore des arts de la scène à Toronto et Marc Boivin a finalement été récompensé pour son interprétation. Un autre fait d'armes dans une longue et belle carrière.

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À l'Usine C, 1345, rue Lalonde, du 8 au 11 avril.

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