M!longa: tango à douze

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M!longa, rencontre de dix stars internationales du tango et de deux danseurs contemporains, sur des airs interprétés en direct par cinq musiciens.

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Après une incursion dans le flamenco, le kathak et les arts martiaux des moines de Shaolin, Sidi Larbi Cherkaoui poursuit sa quête de métissage avec le tango. Pour M!longa, présenté à partir de mardi prochain au Théâtre Maisonneuve, le populaire chorégraphe belgo-marocain a orchestré sur scène la rencontre de dix stars internationales du tango et de deux danseurs contemporains, sur des airs interprétés en direct par cinq musiciens.

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Sidi Larbi Cherkaoui

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Il faut être 12 pour danser le tango de Sidi Larbi Cherkaoui. Un art qui intrigue le chorégraphe depuis le début de sa carrière et qu'il a incorporé à ses premières créations (Rien de rien, D'avant). Interpellé par cette «danse d'immigrés qui permet aux danseurs de se rappeler d'où ils viennent», Sidi Larbi Cherkaoui a sauté sur l'occasion de s'y initier lorsque le producteur argentin Ricardo Szwarcer lui a proposé de mettre sur pied M!longa.

«J'avais enfin l'occasion de travailler avec de vrais danseurs de tango. C'était le moment pour moi d'aller plus loin dans ce style qui m'a toujours énormément séduit. Je suis donc parti à Buenos Aires», se rappelle Sidi Larbi Cherkaoui, qui y a fait la connaissance de Nélida Rodríguez de Aure, icône du tango argentin, son guide dans cette aventure.

Le chorégraphe a découvert, au fil de six séjours en trois ans, un art auquel il n'a pas tardé à apporter sa griffe.

«Petit à petit, je me suis permis d'essayer des choses différentes: un tango dos à dos, des trios, des changements de couple très rapides et des moments où la chorégraphie des bras est aussi importante que celle des jambes», explique-t-il.

«J'ai emmené deux danseurs contemporains, Damien Fournier et Silvina Cortés, qui ne font pas tout à fait partie de ce langage et de cet univers. Mais ils essaient sur scène de trouver cette intimité et cette unité qui existent dans un couple qui danse le tango», ajoute-t-il.

Curieux d'observer la capacité de ses danseurs à se laisser emporter l'un par l'autre, Sidi Larbi Cherkaoui s'est ainsi concentré sur la relation entre partenaires.

«Dans le tango, l'homme propose et la femme répond. Les relations hommes-femmes y sont très égalitaires. Ils font le premier pas ensemble, puis le dialogue s'installe. En tant que danseur, le rôle de la femme était celui qui me plaisait le plus!»

Le tango apparaît au chorégraphe comme une forme de consolation de l'être humain. «On était tout le temps dans les bras de quelqu'un d'autre. Alors, c'est plus facile d'être debout: la vie était plus facile à porter», dit-il.

Entre tradition et modernité

Charmé par les milongas, soirées de tango typiques de Buenos Aires, où les danseurs changent de partenaire au fil des chansons, Sidi Larbi Cherkaoui a voulu recréer leur ambiance sur scène.

«Lors d'une milonga, on est à la fois complètement touché par ce qu'on voit et tout à fait détaché de cet univers où les danseurs fusionnent. C'est très axé sur le couple: il est impossible de rester seul sur scène», précise-t-il.

Les deux danseurs contemporains vont ainsi se mêler aux dix virtuoses du tango pour que se déclinent sous les yeux du public toutes les facettes de la danse argentine, tantôt traditionnelle, tantôt humoristique, voire acrobatique.

Un métissage des genres que Sidi Larbi Cherkaoui a voulu faire transparaître dans la musique jouée par les cinq musiciens accompagnant les interprètes sur scène.

«J'ai travaillé avec Fernando Marzón, un compositeur-arrangeur qui connaît très bien le tango et un véritable virtuose du piano. Il m'a fait découvrir cette musique et il était tout à fait disposé à ce que je fasse collaborer d'autres compositeurs», explique le chorégraphe, qui a une fois de plus fait appel à Szymon Brzóska (Sutra).

À venir

Tout juste nommé directeur artistique du Ballet de Flandre, Sidi Larbi Cherkaoui travaille à une prochaine création grâce à laquelle il souhaite faire un véritable retour aux sources. «J'ai envie de revenir aux danses urbaines en développant Fractus, une courte pièce que j'ai présentée pour le 40e anniversaire de la compagnie de Pina Bausch. J'ai 38 ans et j'ai envie de changer et de me laisser évoluer, de continuer à me contredire. C'est la seule manière d'éviter de se répéter», conclut le chorégraphe.

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Au Théâtre Maisonneuve du 17 au 21 février. Une présentation de Danse Danse.

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