Dena Davida danse dense

Dena Davida... (Photo: Nathalie St-Pierre, fournie par l'UQAM)

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Dena Davida

Photo: Nathalie St-Pierre, fournie par l'UQAM

Daniel Lemay
La Presse

«Quel est le sens de ces gesticulations étranges?» Comme elle avait déjà tout fait en danse contemporaine, Dena Davida a dû inventer pour éviter de faire du sur-place, qui n'est pas sa tasse de thé. Elle s'est alors inscrite au programme de doctorat Études et pratiques des arts de l'UQAM, où elle a été chargée de cours pendant 28 ans, enseignant la composition, l'improvisation et l'esthétique de la danse.

Sa thèse (2006) s'est élaborée sur une approche interdisciplinaire de l'activité de danse. À travers une grille anthropologique, la cofondatrice de Tangente s'est penchée sur les fondements philosophiques et esthétiques de la danse: de la danse «de village» à la danse sociale - en ligne ou pas -, jusqu'à un événement comme Luna, un des succès internationaux de la compagnie O Vertigo de Ginette Laurin.

«De sa planification à son exécution, j'ai voulu dégager le sens de l'activité de danse et construire une carte intégrant ses aspects psychologique, intellectuel et spirituel», nous expliquera Dena Davida, rencontrée à l'occasion de l'hommage que lui rend l'UQAM «pour sa contribution inégalée à l'émergence de la danse contemporaine au Québec». Six autres «diplômés exceptionnels», dont Laurent Saulnier, vice-président, programmation, du Festival international de jazz et des FrancoFolies, ont été honorés hier soir au Gala Reconnaissance UQAM 2014.

La citation de Dena Davida souligne aussi ses qualités de communicatrice, de chercheuse et de pédagogue. Un bref survol s'impose ici pour comprendre l'étendue de l'action de cette Américaine qui a choisi de s'établir au Québec à la fin des années 70 parce qu'elle pouvait, entre autres choses, y apprendre le français. Outre Tangente (1980), Dena Davida a participé à la mise sur pied du Festival international de la nouvelle danse (1982-2003).

Danse contemporaine, moderne, nouvelle... À quoi ces vocables font-ils référence? La danse moderne a émergé dans la première moitié du XXe siècle et son centre canadien est Toronto. «À la fin des années 60, continue Mme Davida, Montréal a pris une approche plus expérimentale, plus... contemporaine. Les Américains parlent de danse post-moderne, mais l'expression n'a pas pris ici. On a aussi essayé danse actuelle, nouvelle danse, mais les historiens ont du mal à adapter le concept: nouvelle par rapport à quoi? On continue de nourrir la bête...»

Depuis qu'elle a cédé la direction générale et artistique de Tangente à Stéphane Labbé, Dena Davida se présente comme «commissaire et médiatrice culturelle» du «Laboratoire de mouvements contemporains». Comme dans une exposition, le commissaire est ici responsable du contenu créatif, tandis que la médiatrice culturelle met en lien les nombreuses composantes de l'institution: artistes, équipe de direction, membres du conseil et représentants des organismes subventionnaires qui poussent souvent l'application d'un «modèle d'affaires» que la médiatrice trouve «difficilement conciliable avec la mission d'expérimentation».

Nouvelle réalité, rassemblement nouveau... Il y a deux ans, Dena Davida a fondé, avec Jane Gabriels et Dominique Fontaine, l'Association des commissaires des arts du Québec (acaq.ca) qui a organisé le mois passé à l'UQAM une petite activité: Illumination - Symposium international sur le commissariat des arts de la scène, une pratique à consolider. Le symposium a accueilli 163 délégués de 13 pays, dont l'Afrique du Sud et le Japon, des pays, se réjouit Dena Davida, d'où émergent des approches culturelles différentes de celles de l'axe «euro-américain»...

Au fil des ans, ces échanges et cette réflexion ont amené la «pédagogue de coeur» à monter un cours de niveau supérieur sur le commissariat des arts de la scène qui a trouvé preneur à la maîtrise... en muséologie de l'Université de Montréal.

Entre-temps, quel est l'état de la danse contemporaine à Montréal? «La structure est vaste et complexe, et les prouesses de certains créateurs comme Marie Chouinard et La La La Human Steps ont fait de Montréal un pôle d'attraction, mais on ne peut pas parler d'une capitale de la danse comme New York. Le milieu est très effervescent, mais il manque de ressources...»

Comme Grand Angle manque d'espace pour livrer la totalité de la pensée de Dena Davida sur l'avenir de la danse à Montréal. Nos notes disent «mécénat», «entrepreneuriat», «micro-financement», «entraide», «espoir»...




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