The Land of Fuck (a fable): ennuyante fable

The Land of Fuck (a fable) du Dietrich... (Photo: fournie par Danse Danse)

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The Land of Fuck (a fable) du Dietrich Group de Toronto.

Photo: fournie par Danse Danse

Dans The Land of Fuck (a fable), D.A. Hoskins s'est donné la mission d'explorer les multiples sens d'un mot autrefois tabou, aujourd'hui utilisé à toutes les sauces: «fuck». Malgré cette prémisse intrigante, la pièce peine à construire son propos, au fil de tableaux d'intérêt variable.

Le Dietrich Group est présenté comme l'avant-garde de la danse torontoise. Beaucoup d'attentes, donc, pour cet ovni débarqué de la métropole ontarienne avec ses neuf interprètes. Des attentes qui n'auront pas été remplies pour nombre de spectateurs; nous en avons rarement vu un si grand nombre quitter une salle en pleine représentation.

Il faut dire que The Land of Fuck (a fable), malgré sa prémisse somme toute simple, finit par plonger le spectateur dans une sorte de perplexité ennuyée, où se pointent çà et là des idées suscitant la réflexion et des segments assez rigolos (dont un passage lubrique avec un instrument de musique).

La pièce ne s'intéresse pas qu'au sexe, sujet somme toute assez mineur dans l'ensemble, qui dure près de deux heures. Oui, il y a de la nudité, une scène de touche-pipi et des simulations de cris de jouissance. Mais c'est aussi la pléthore de sens du mot «fuck» - se faire avoir, être pris dans une mauvaise situation, être sous influence, mêlé, perdu - dont il est question ici.

Manque de profondeur

Le chorégraphe dit s'être inspiré de sa vie pour créer la pièce, d'une enfance conservatrice à son homosexualité refoulée à une libération exaltée. Il y a beaucoup de cela dans la pièce, qui refait le chemin de la construction sinueuse de l'identité. Une identité qui est, au bout du compte, la thématique principale de cette «fable» qui tombe facilement dans les clichés.

De l'accouchement douloureux, projeté sur le mur au fond de la scène, à la présentation délurée du pedigree de chaque danseur en passant par l'expression sans barrière de l'individualité dans un capharnaüm frôlant la folie, le chorégraphe met en scène une génération souvent incapable d'exprimer ce qu'elle ressent, tout en étant inexorablement égocentrique et portée par la recherche immédiate du plaisir.

Si le propos est intéressant sur papier, le bât blesse sur scène. Le vocabulaire chorégraphique simple, voire simpliste, mise sur l'expression corporelle libérée, comme un exutoire, mais laisse la technique au vestiaire.

Se divisant en tableaux qui s'étirent parfois en longueur, au point de se vider de leur sens, ce spectacle qui pourrait être percutant, dérangeant ou émouvant devient au mieux intrigant, au pire, ennuyant. L'avant-garde? Il faudra regarder ailleurs (Montréal ne manque pas d'exemples) pour la trouver.

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À la Cinquième Salle de la Place des Arts, jusqu'au 19 avril.




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