Marie-Antoinette: un récit romancé, teinté de mélodrame

Avec sa dernière oeuvre, le chorégraphe Stanton Welch... (Photo: Amitava Sarkan, fournie par les GBCM)

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Avec sa dernière oeuvre, le chorégraphe Stanton Welch traite d'une période cruciale de l'Histoire: le destin tragique de Marie-Antoinette.

Photo: Amitava Sarkan, fournie par les GBCM

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Stéphanie Brody

collaboration spéciale

La Presse

Le Houston Ballet présente en ce moment Marie-Antoinette, à la salle Wilfrid-Pelletier. Le ballet relate le destin tragique de la reine Marie-Antoinette, de son arrivée en France à l'âge de 14 ans jusqu'à sa mort par guillotine. Le chorégraphe Stanton Welch esquisse sa vie à grands traits, dans un récit romancé et teinté de mélodrame.

Monnaie d'échange entre les Habsbourg et les Bourbons, la toute jeune Marie-Antoinette quitte l'Autriche pour la France, poussée hors du cocon familial par l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, une mère au dos trop droit - tout au long du ballet, la colonne vertébrale est riche de symboles.

Sous des lumières crues (les éclairages éblouissants de la conceptrice Lisa J. Pinkham marquent les temps forts du ballet), l'impétueuse adolescente est présentée à la cour de France. Stanton Welch va jusqu'à verser dans la caricature pour traiter de cette période, à grand renfort d'yeux écarquillés, de bouches en cul-de-poule et de messes basses.

Les courtisans, qui devaient être certes grotesques, s'agitent autour de Marie-Antoinette, l'épient, la reniflent presque, tandis notamment que la garde rapprochée du dauphin Louis tentent désespérément de faire consommer le mariage. Lorsque Louis XV meurt, le couple, qui accède alors au trône, amorce un rapprochement, en un pas de deux tendre et naïf.

Zombies révolutionnaires

Dès le deuxième acte, Marie-Antoinette, la dépensière et la frivole, fait la fête au Petit Trianon. L'alcool coule à flots; des confettis, et même de la nourriture, sont lancés. Nimbée de couleurs acidulées, la scène est pimpante à souhait, même si elle traîne en longueur. C'est l'occasion de beaux morceaux de bravoure de la part des danseurs masculins. Cependant, dehors, la Révolution gronde. Les courtisans et les amis du couple fuient Paris et le couple royal se retrouve visiblement dépassé.

Au moment de l'insurrection, au troisième acte, le ballet prend une tournure saugrenue, avec l'entrée en scène de révolutionnaires hagards, habits en lambeaux. Ils font incursion dans le palais, menaçant le couple royal et leurs enfants. Malheureusement, cette foule vengeresse, que Welch a dotée d'une esthétique expressionniste, ressemble fort... à un troupeau de zombies!

Est-ce une allusion intentionnelle de la part de Stanton Welch? Reste que le résultat est fort curieux. Pire encore, comme les danseurs surjouent dans les scènes de groupe à l'unisson, ils nous font carrément penser à la vidéo Thriller de Michael Jackson!

Il n'y a que l'amer pas de deux, sur fond rouge sang, entre Marie-Antoinette et Louis XVI, qui part pour l'échafaud, qui nous fera raccrocher à l'histoire. Marie-Antoinette nous prend parfois par les sentiments, emportés par les costumes et les décors somptueux et l'interprétation délicate des protagonistes. Mais on aurait préféré davantage de profondeur dans le traitement d'un personnage aussi controversé que L'Autrichienne et d'une période si cruciale de l'Histoire.

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À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu'au 12 avril.




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