2050 Mansfield - Rendez-vous à l'hôtel: le plaisir ambigu du voyeur

Dans les chambres situées aux troisième et quatrième... (Photo: fournie par l'Agora de la danse)

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Dans les chambres situées aux troisième et quatrième étages de l'hôtel Le Germain, l'ambiance est à l'indiscrétion.

Photo: fournie par l'Agora de la danse

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Aline Apostolska

collaboration spéciale

La Presse

2050 Mansfield - Rendez-vous à l'hôtel. C'est la nouvelle invitation, mystérieuse et coquine, que nous adresse l'iconoclaste collectif de la 2e Porte à gauche. Autour de la conceptrice Katya Montaignac, quatre couples de chorégraphes et metteurs en scène ont ciselé des duos pour quatre paires de danseurs. Dans les chambres situées aux troisième et quatrième étages de l'hôtel Le Germain, l'ambiance est à l'indiscrétion.

Quatre couples désirants ou pas, amoureux de l'amour impossible, emprisonnés dans la routine du quotidien, fantasmant l'autre pour échapper à sa propre solitude ou préférant l'image de l'être aimé plutôt que sa réalité. Quatre états du désir auxquels les hôtels depuis toujours offrent une parenthèse en même temps qu'un lieu et un décor.

Que ferait-on si les hôtels n'existaient pas, s'ils n'autorisaient pas le refuge salvateur, la jouissance plurielle, l'anonymat réparateur? Dans un théâtre traditionnel, on crée une scénographie qui incarne le thème joué. Dans un hôtel, la scénographie de l'espace existe déjà. Ici, elle est le préambule de la mise en mouvements et en paroles de quatre variations de l'intimité humaine. Variations d'autant plus détectables qu'elles ont lieu dans un espace identique: mêmes meubles, même géométrie, même frigo, fer à repasser, écran plat... même salle de bain surtout, baignoire séparée du lit par une seule vitre. Un outil de révélation supplémentaire que les chorégraphes utilisent abondamment, chacun à sa façon.

Au travers de la rencontre entre les interprètes, entre eux et avec l'espace, sont proposés quatre types de rencontres avec le spectateur. Infiltré dans le secret de la chambre, celui-ci s'adonne à un plaisir coupable, qui constitue aussi une confrontation avec lui-même. Le plaisir du voyeur.

Promiscuité

Plaisir ambigu, comme dans toutes les propositions in situ de la 2e Porte à gauche (7 en 2008 dans un appartement ou Danse à 10 en 2011 dans un bar à danseuses), où l'on n'échappe pas à la mise à nu d'une promiscuité avec le corps des danseurs. Une manière d'apprécier la virtuosité maîtrisée des interprètes dans des conditions sans atours ni échappatoire.

Chambre 306: Clara Furey et Francis Ducharme en Roméo et Juliette, revisité par Catherine Gaudet et Jérémie Niel; chambre 307: Maryline St-Sauveur et Mathieu Gosselin dans les rets du mariage vus par Marie Béland et Olivier Choinière; chambre 408: Isabelle Arcand incarne le fantasme de Marc Béland d'après Virginie Brunelle et Olivier Kemeid; chambre 406: Peter James et Emmanuel Schwartz se rencontrent sans le faire selon la conception de Catherine Vidal et Frédérick Gravel.

Un parcours inattendu et subtil. Toujours délectable.

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À l'hôtel Le Germain, les 27 janvier, 1er et 3 février à 19h et le 2 février à 16h.




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