Unknown Body: toujours pareille, toujours inconnue

Comment fait-elle pour nous étonner encore, cette Jocelyne Montpetit que l'on... (Photo: Maxime Côté)

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Photo: Maxime Côté

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Aline Apostolska

collaboration spéciale

La Presse

Comment fait-elle pour nous étonner encore, cette Jocelyne Montpetit que l'on retrouve année après année en solo sur scène avec des univers qui dessinent inlassablement des fragments d'un même kaléidoscope? Comment fait-elle pour nous transporter instantanément dans un monde parallèle, un ailleurs qui ne peut se circonscrire ni à un lieu ni à un temps défini sur la seule carte terrestre? Avec Unknown Body, sa nouvelle pièce présentée au Quat'Sous, elle y parvient à nouveau.

Là où elle entraîne le spectateur, c'est plutôt le «nulle part partout», le «jamais depuis toujours». C'est l'intériorité, insondable, éternelle et universelle, qui semble bien être ce que tous les humains ont en partage. C'est sans doute pourquoi, outre les multiples influences qui métissent son travail, elle ne crée jamais loin de la littérature et de sa capacité à parler de l'immuable de l'humain.

Ici, ce sont les oeuvres de Clarisse Lispector, sur la mémoire archaïque du corps, et de Pascal Quignard sur l'origine de la danse. Mais, contrairement à ses dernières pièces, aucun extrait n'est dit. La voix féminine est cependant présente dans la pureté théologale d'une cantate de Bach, l'ensemble de la trame musicale étant puissante et prégnante avec, outre Bach, Masaru Soga et Arvo Pärt.

La musique, aérienne, verticale, contraste ainsi avec l'impact assez tellurique du mouvement, souvent au sol ou attiré par lui. Le mouvement d'une femme en quête d'une part inconnue d'elle-même. C'est un thème récurrent chez Jocelyne Montpetit, mais la manière très théâtrale dont elle le donne à saisir est différente.

Moins baroque, plus épurée et écrite autour de lignes géométriques nettes, Unknown Body magnifie d'abord la danse, et le corps de la danseuse.

La grande fresque de Véronique Pagnoux qui occupe tout le fond de scène, autant de paysages qui affleurent dans l'univers lumineux complexe de Marc Parent, tout le subtil travail sur la lumière d'ailleurs, ainsi que les merveilleux costumes d'Odile Gamache et Patrizia Pepe, contribuent à montrer une Jocelyne Montpetit différente, physiquement autre. À la fois montrée et dissimulée, volontairement vieillie ou plutôt sans âge. Parfaitement reconnaissable et pourtant inconnue.

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Unknown Body, de Jocelyne Montpetit, au Théâtre de Quat'Sous jusqu'au 31 janvier.




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