Savoir compter: la bête humaine

La pièce Savoir compter de Marianne Dansereau présente un intérêt formel... (Photo Sandrick Mathurin, fournie par le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui)

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La pièce Savoir compter de Marianne Dansereau présente un intérêt formel et esthétique, écrit notre critique.

Photo Sandrick Mathurin, fournie par le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

La PresseLuc Boulanger 2/5

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Artiste en résidence à la salle Jean-Claude Germain, Marianne Dansereau a un souffle et une écriture uniques. Sans mentionner une méthode de travail originale: elle s'est inspirée de vidéos d'animaux sur les réseaux sociaux pour écrire ses textes!

Dans Savoir compter, une pièce courte et déroutante, l'auteure Marianne Dansereau donne à ses personnages des étiquettes au lieu de noms: «La fille qui se demande combien»; «La femme qui a de la misère avec son forfait illico»; «Le gars de chez Vidéotron qui cruise des filles au McDo».

Si la production, dirigée de main ferme par Michel-Maxime Legault, présente un intérêt formel et esthétique, et si la distribution est très bonne (mentionnons Annette Garant, «La femme qui a un problème avec son forfait illico», et Mathieu Quesnel, «Le prédateur du McDo»), sa dramaturgie nous a laissé pantois. L'auteure brouille les pistes sans raison. Elle abuse des «flashs» et des clichés sur la sexualité débridée. Veut-elle critiquer le côté sordide de la bête humaine? Ou l'absurdité de la société de consommation? Ou simplement repousser ses limites?

Maudit cul!

L'intrigue se déroule sur plusieurs jours dans divers lieux. Ils sont évoqués uniquement par les didascalies dites à voix haute: un cabinet de gynécologue «avec des images de trompes de Fallope sur les murs»; un salon avec «des divans de cuir et des machines d'exercice»; un resto McDonald la nuit «quand les employés sont encore plus scrap que toi»...

L'auteure de 26 ans parle de «chatte ben serrée», de pogos rappelant la forme phallique, de «gars bandé comme un cheval». «Maudit cul!», écrivait un certain auteur, plus âgé, à une époque où la sexualité était taboue au Québec, et où les femmes ne pouvaient pas en parler, encore moins au théâtre.

Savoir compter en parle abondamment. Tant mieux. Mais dans quel dessein? Pour exprimer quoi? On l'ignore.

Son histoire ouvre plein de portes et les referme aussitôt. Elle lance avec malice les répliques choquantes, provocantes. Or, tout ça devient rapidement lassant, pesant.

Au bout de 60 minutes, la représentation prend fin brusquement, sans qu'on puisse expliquer ce délire sordide et lubrique. On a beau en discuter à la sortie, entre ami(e)s, pour démêler les fils dramatiques, rien n'y fait. Du moins, pour «Le critique qui se demande à quoi sert» de Savoir compter.

* * 1/2

Savoir compter. De Marianne Dansereau Mise en scène de Michel-Maxime Legault À la salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 1er décembre.




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