Nina, c'est autre chose: l'insoutenable légèreté

Renaud Lacelle-Bourdon et Eugénie Anselin dans Nina, c'est autre chose... (Photo Julien Benhamou, fournie par la production)

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Renaud Lacelle-Bourdon et Eugénie Anselin dans Nina, c'est autre chose

Photo Julien Benhamou, fournie par la production

La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier
La Presse

Bouffée d'air frais dans la grisaille absolue du temps présent que cette nouvelle mise en scène de Florent Siaud avec des complices allumés!

C'est l'été 1976, bien loin de Montréal, des Jeux olympiques ou d'une certaine victoire électorale péquiste à venir... Mais le temps est bon à Paris, frais le vent et triomphante l'insouciance!

Elle a pour nom Nina. Elle vient troubler la vie rangée de deux frérots qui ne parlent que boulot ou nanas mais qui restent, dans le fond, des plus conformistes. Nina vient insuffler de l'air ébouriffant dans un climat qui possède son fond de harcèlement au travail et de racisme latent. Vive la danse, que viva el tango!

En plus de l'excellent trio d'interprètes rappelant les complices du film Jules et Jim de Truffaut, composé d'Éric Bernier, Eugénie Anselin et Renaud Lacelle-Bourdon (dont le cabotinage est tout à fait approprié au sujet), on retrouve deux musiciens sur scène, Chloë Pfeiffer et Lysandre Donoso.

Bref, c'est la fête. À la cuisine, au bain, au salon! Rire plutôt que périr. Parce que la société de marché est là dehors qui commence à menacer de tout engluer de mépris et d'indifférence.

Renaud Lacelle-Bourdon, Eugénie Anselin et Éric Bernier dans Nina, c'est autre chose... (Photo Julien Benhamou, fournie par la production) - image 2.0

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Renaud Lacelle-Bourdon, Eugénie Anselin et Éric Bernier dans Nina, c'est autre chose

Photo Julien Benhamou, fournie par la production

Le jeu, appuyé par la mise en scène dynamique de Florent Siaud, est un baume pour notre époque. Ce court spectacle est une invitation, lancée avec un savoureux accent français, à sourire et à se faire un dernier tango à Paris.

Paradoxalement, il y a dans cette légèreté tant souhaitée quelque chose d'insoutenable, de presque déplacé. On voudrait bien s'y laisser aller complètement, mais on ne peut oublier que la réalité nous rattrapera à la sortie du théâtre.

Malgré la magnifique énergie déployée sur scène, on se demande bien comment réconcilier l'idée d'ouverture et de partage, qui est l'essence du texte de Michel Viniver, avec certains idéaux léninistes - personnage de carton-pâte présent dans le récit -, du moins humanistes qui renvoient à une époque bien lointaine.

Peut-on rire encore quand les pleurs veulent nous étouffer?

* * * 1/2

Nina, c'est autre chose. De Michel Vinaver. Mise en scène de Florent Siaud. Au Théâtre La Chapelle jusqu'au 5 novembre.




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