Conte à rendre: quand la poésie se heurte au réel

Jean Asselin et Andréanne Théberge sont touchants lorsqu'ils... (Photo fournie par Espace libre)

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Jean Asselin et Andréanne Théberge sont touchants lorsqu'ils jouent un père et sa fille lors de retours en arrière poétiques.

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La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

Résultat mitigé pour la nouvelle pièce d'Omnibus. Conte à rendre nous offre de grands moments de théâtre corporel, mais plonge parfois dans l'ennui quand il dépeint le réel.

Dans la tête de Proust, l'un des récents sommets atteints par le trio d'Omnibus - Sylvie Moreau, Réal Bossé et Jean Asselin -, sera repris à l'hiver 2018 à Espace libre. Leur nouvelle création, Conte à rendre (un interrogatoire), n'offre pas la même qualité, malheureusement.

Une jeune femme (Andréanne Théberge) qui a commis un crime de légitime défense est interrogée par un psychologue de la police (Charles Préfontaine). Elle se dévoile peu à peu, mais sa vie nous est aussi racontée par des scènes en flash-back où apparaît son père (Jean Asselin) ainsi que par la voix de sa grand-mère (Sylvie Moreau).

C'est dans la fantaisie et la poésie de ces moments détachés du réel de l'interrogatoire que la pièce prend vraiment son envol.

Une scène particulièrement touchante de mime et de main à main circassien donne à voir le père s'occupant de sa fille enfant, puis, vieillissant, devenir peu à peu l'enfant de sa fille. En solo, Jean Asselin réussit aussi à nous faire croire à son rôle ardu de père/mère dont la femme est morte en couches. 

Même si on ne la voit pas, Sylvie Moreau est impeccable en grand-mère. La scénographie est parfaite de simplicité, la musique et l'habillement sonore de Ludovic Bonnier sont aussi très beaux.

Toutefois, les scènes de l'interrogatoire viennent quelque peu saborder ce beau travail. Le texte devient tout à coup anecdotique et l'autrement formidable Andréanne Théberge ne trouve pas en Charles Préfontaine un partenaire de jeu adéquat pour la soutenir dans l'expression de ses émotions à vif.

En fait, l'on se demande carrément pourquoi avoir choisi la forme de l'interrogatoire pour raconter la vie de cette jeune femme presque parfaite. Hormis l'accident fatal, mal raconté, qui la mène au commissariat, sa vie manque carrément de «drame».

Comme lors de la scène beaucoup trop longue du repas préparé par le père et la fille en mime, les convives restent sur leur faim.

* * * 

Conte à rendre (un interrogatoire). Texte et mise en scène de Réal Bossé, Sylvie Moreau et Jean Asselin. À Espace libre jusqu'au 23 septembre.




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