Les premiers adieux de Miss Knife: chanter ou mourir

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Olivier Py dans Les premiers adieux de Miss Knife

Photo fournie par l'Usine C

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Dans l'interminable quête de soi-même, le chemin le plus court est souvent le moins fréquenté. Pour Olivier Py, c'est celui d'un travesti à mille lieux de son personnage public d'homme de théâtre sérieux, et directeur du prestigieux Festival d'Avignon.

Parce que son double féminin n'est pas fait seulement de plumes et de strass. Il est tissé de l'étoffe de ses rêves et ses espérances. Miss Knife est une chanteuse de cabaret mélancolique et drôle, romantique et colorée, impudique et libre. Le personnage porte bien son nom: sa langue est un couteau tranchant.

Soleil noir

À l'instar de Barbara, son soleil est noir. Mais à la fin de ce jouissif tour de chant présenté jusqu'à demain soir seulement, au Lion d'Or, le public est debout. Il a assisté à une véritable renaissance du metteur en scène et interprète. Les premiers adieux de Miss Knife est un spectacle unique, à la fois musical et théâtral, comique et désespéré.

Perruque blonde, bijoux ostentatoires et robe de paillettes dorées, l'entrée en scène de Madame Couteau est radieuse. Tel un croisement entre Line Renaud et Liza Minelli, cette chanteuse a du métier, mais surtout de la personnalité. La voix chaude et grave, la présence assurée et la gestuelle étudiée, Olivier Py occupe totalement la scène. Autour de lui, quatre excellents musiciens jazz (piano, contrebasse, batterie, saxophone et flûte) enrobent le spleen de Miss Knife de belles musiques - romances, tangos, javas - de Stéphane Leach et Jean-Yves Rivaud.

Romantique et symbolique

Influencé par les poètes français romantiques et symboliques (Baudelaire, Mallarmé, de Nerval...), les textes d'Olivier Py sont hantés par son désespoir, ses amours perdus, sa mélancolie. Or, lorsque Py parle au public entre les chansons, il le fait avec beaucoup d'humour et de parodie. Comme lorsqu'il adresse une chanson pour «les dépressifs aux idées suicidaires dans la salle», intitulée... Par la fenêtre. Mais par-delà les références aux suicidés et aux désespérés du monde entier, Olivier Py écarte les jambes et devient plus cru pour évoquer ses amants de passage rencontrés dans «les toilettes de la gare de l'Est»...

En prime, on a droit à un hommage à Piaf avec une interprétation très originale de La vie en rose et de Padame, chantée en duo avec Mado Lamotte, l'invitée spéciale pour ces représentations montréalaises. (Olivier Py fait une tournée et se produira la semaine prochaine au BAM à New York.) Si vous avez le désespoir radieux, Miss Knife vous séduira!

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Ce soir et demain soir au Lion d'Or.

En plus de son spectacle, Olivier Py donnera une classe de maître à l'Usine C, samedi 16 septembre à 14h. Entrée libre.




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