Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?: toutes couleurs unies

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La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

En cette année d'adaptations de films à la scène, Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? du Rideau Vert fait figure de point final comique, de divertissement de bon ton.

Après Le déclin de l'empire américain (Espace Go) et Vol au-dessus d'un nid de coucou (Rideau Vert), entre autres, Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? ne représente pas la pièce de résistance d'une saison marquée par les adaptations. Le propos ne vole jamais bien haut et réunit son lot de clichés, mais l'adéquate adaptation d'Emmanuel Reichenbach d'un sujet délicat, des interprètes principaux en grande forme et la main sûre de Denise Filiatrault à la mise en scène en font une comédie assez savoureuse.

Alain Bouchard (Rémy Girard) vit un «cauchemar»: trois de ses filles sont mariées à des hommes issus de la diversité - asiatique, juif et arabe - et la quatrième tombe amoureuse d'un comédien ivoirien venu de Paris. Le père du jeune homme est aussi raciste qu'Alain, tandis que la femme de ce dernier tente désespérément de tempérer les choses au prix de sa santé mentale.

Fort mince et empreint de bons sentiments, le matériel de base aurait pu facilement virer à la rigolade de mauvais goût. Mais ç'aurait été compter sans l'interprétation intelligente et dynamique de Rémy Girard et de Micheline Bernard dans les rôles principaux. 

On croit à leur candeur et leur stupeur devant des événements qui leur échappent complètement.

La qualité de jeu des autres interprètes n'est pas constante, mais Vincent Fafard, Ariel Ifergan, Marie-Ève Baribeau et Widemir Normil ont particulièrement retenu favorablement notre attention.

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Dans Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?, Alain Bouchard (Rémy Girard) vit un «cauchemar»: trois de ses filles sont mariées à des hommes issus de la diversité - asiatique, juif et arabe - et la quatrième tombe amoureuse d'un comédien ivoirien venu de Paris.

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Maintenir le rythme

L'adaptation d'Emmanuel Reichenbach souligne bien les préjugés raciaux de tout un chacun, sans trop appuyer la plupart du temps. Mais on se serait passé de quelques blagues faciles, du type «s'ils ne veulent pas parler français, qu'ils aillent se réfugier ailleurs». De plus, après certaines situations qui s'étirent en longueur, la finale est évacuée beaucoup trop prestement.

Enfin, la mise en scène de Denise Filiatrault évite judicieusement de faire sombrer la pièce dans le burlesque ou le boulevard d'été. Le texte tombe à plat à quelques fois, mais la metteure en scène expérimentée sait maintenir le rythme et le cap malgré tout.

D'ailleurs, s'agissait-il ici de sa dernière direction à la scène? Mme Filiatrault n'est pas à l'affiche comme metteure en scène pour la saison 2017-2018. Si c'est le cas, nous la saluons ici bien bas.

* * * 1/2

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? D'après le film de Philippe de Chauveron. Adaptation d'Emmanuel Reichenbach. Mise en scène de Denise Filiatrault. Au Théâtre du Rideau Vert, jusqu'au 10 juin.




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