Baby-Sitter: objet femme ***

La pièce Baby-Sitter, écrite par Catherine Léger, est... (Photo Magali Cancel, fournie par le Théâtre La Licorne)

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La pièce Baby-Sitter, écrite par Catherine Léger, est présentée à La Licorne jusqu'au 10 mai.

Photo Magali Cancel, fournie par le Théâtre La Licorne

La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

Que l'on aime ou non l'expression « culture du viol », elle secoue l'indifférence généralisée qui tend à banaliser depuis trop longtemps les violences faites aux femmes.

C'est ce dont il est question ici avec Cédric (parfait David Boutin) qui fait une blague du type #fuckherrightinthepussy à l'animatrice Chantal Machabée (qui a accepté de prêter son nom et sa voix à la pièce) lors d'un événement sportif. 

Nadine (suave Isabelle Brouillette), qui vient d'accoucher, sait que son chum n'est pas un parfait salaud, mais qu'il a agi cependant en parfait idiot en faisant ce geste. Plus grave et autrement ridicule, son frère Jean-Michel (impayable Steve Laplante) le traite de misogyne et l'encourage à faire des excuses publiques en écrivant un livre.

Arrive la baby-sitter surréaliste (surprenante Victoria Diamond) qui vient bouleverser la donne. L'inattendu deus ex machina jette l'éclairage sur les travers de tout un chacun jusqu'à la finale... en queue de poisson.

Catherine Léger a le don de viser juste avec des personnages très bien typés et des dialogues qui nous font passer du rire gras au sourire songé. 

La mise en scène précise de Philippe Lambert tire parfois les choses vers le gag visuel, mais il faut dire que le texte s'écarte lui aussi, peu à peu, du thème initial. 

Le personnage de Jean-Michel, par exemple, propose plusieurs pistes de réflexion sérieuses, mais il est totalement tourné en dérision en raison de son égoïsme latent et en tant qu'intellectuel particulièrement déconnecté. 

D'une réflexion sur la misogynie, on passe donc au sarcasme et à la satire. Comme si l'auteure avait préféré en rire par-dessus tout ou éviter de trop heurter les susceptibilités, ou les deux. 

On rit effectivement beaucoup devant Baby-sitter, mais en choisissant la légèreté, la pièce rate une occasion de fouiller ce qui cause le sexisme ordinaire et latent qui persiste en nos murs, celui qu'on excuse encore trop facilement parce que « c'était juste une blague ». 

Ce sujet mérite d'être creusé davantage qu'en égratignant en surface les uns et les autres et en mettant en scène certains clichés déjà dépassés. 

Catherine Léger en est capable, à notre humble avis. On l'encourage fortement à poursuivre sa réflexion.

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Baby-Sitter

De Catherine Léger

Mise en scène de Philippe Lambert

À La Licorne jusqu'au 10 mai

3 étoiles




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