Far Away: rencontre du troisième type

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Totalitarisme, paranoïa, abrutissement sont au menu de la pièce Far Away, de la Britannique Caryl Churchill, mise en scène par Édith Patenaude.

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La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

Théâtre de l'étrange, néo-absurde, Far Away est une production de premier plan en dépit de ses moyens limités.

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Des chapeaux-costumes plus bizarrement loufoques les uns que les autres apparaissent dans Far Away.

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La comédienne Noémie O'Farrell fait partie de la distribution.

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Passer de J'aime Hydro à Far Away en 24 heures, c'est changer de continent, de planète, tout en sachant reconnaître qu'il s'agit d'un travail d'une grande qualité qui fait beaucoup avec peu.

On pourrait s'imaginer dans une sorte d'espèce de genre de suite de 1984 qu'Édith Patenaude avait aussi mis en scène l'an dernier. Totalitarisme, paranoïa, abrutissement sont au menu de la pièce de la Britannique Caryl Churchill.

Même si le message est moins univoque, plus éclaté, la pièce navigue aussi dans l'enfermement de la pensée, pour ne pas dire l'embrigadement dans un monde binaire et absurde.

Une enfant a vu son oncle battre homme et enfants, des ouvriers dans une usine de chapeaux se sentent espionnés, une femme veut exiler un couple qui n'a pas les mêmes opinions qu'elle... Les tableaux semblent disparates, mais le malaise est continu.

En intermède, si on peut dire, la pièce offre un défilé de chapeaux-costumes plus bizarrement loufoques les uns que les autres sur une musique techno tuante ! Moment déroutant s'il en est.

Dans ce monde étouffant, le texte est presque chuchoté au micro, ce qui donne lieu à quelques « pops » agaçants. Mais du premier au dernier moment, la metteure en scène Édith Patenaude et ses excellents comédiens - Lise Castonguay, Ludger Beaulieu et Noémie O'Farrell - nous captivent.

Far Away, c'est la détestation pure et simple. C'est un univers inquiétant où notre rire se fige devant les horreurs - meurtres d'animaux, d'enfants, torture - parfois décrites comme si de rien n'était.

En outre, Jean Hazel (scénographie et lumières), Mêve Amélie Cormier (costumes) et Jean-François Mallet (composition et environnement sonore) ont effectué de l'impeccable travail. On se dit que même le grand Romeo Castelluci, qui manie des théâtralités similaires, n'aurait pu faire mieux avec des moyens limités.

Courez-y, Far Away, ce n'est, malheureusement, pas si loin !

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Au Théâtre Prospero jusqu'à samedi

Far Away

De Caryl Churchill

Traduction de Marie-Hélène Estienne

Mise en scène d'Édith Patenaude

Au Prospero jusqu'au 15 avril

3 étoiles et demie




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