Les manchots: chambranlant

Kevin McCoy, Sasha Samar, Larissa Corriveau et Paul Ahmarani sont... (Photo David Ospina, fournie par le Quat'Sous)

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Kevin McCoy, Sasha Samar, Larissa Corriveau et Paul Ahmarani sont plongés dans un hôtel alors que la révolution gronde dans Les manchots.

Photo David Ospina, fournie par le Quat'Sous

La PresseMario Cloutier 2/5

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Mario Cloutier

Déception au Quat'Sous avec Les manchots, où la somme des talents réunis n'arrive pas à faire oublier un spectacle bancal.

Un sujet fort - trois personnages prisonniers de leur chambre d'hôtel dans une ville en ébullition -, un auteur et metteur en scène brillant - Olivier Kemeid - et des acteurs au diapason. C'est pourtant un résultat très mitigé que nous offrent ces Manchots au corps difforme.

L'hôtel du drame se situe dans un pays ravagé par la violence ou la révolution. Penchés sur la fenêtre de leur chambre respective, trois hommes se terrent : un père immobile venu pourtant «sauver» son fils révolutionnaire, un journaliste peureux à la recherche de sujets spectaculaires et un sniper local qui veut venger son père. À l'opposé de ces trois égocentriques, une infirmière tente de sauver le monde, sinon quelques âmes perdues. 

Cette excellente matière à tragédie recèle quelques moments touchants, mais, à d'autres moments, le récit sombre bizarrement dans la comédie, voire le vaudeville, avec jeux de portes et personnages soudainement devenus caricaturaux.

Le texte d'Olivier Kemeid comporte quelques belles envolées poétiques et certaines réflexions tout à fait pertinentes par rapport à l'actualité mondiale qui est la nôtre, mais redevient presque aussitôt d'un réalisme navrant, vide. 

Les acteurs, Paul Ahmarani, Larissa Corriveau, Kevin McCoy et Sasha Samar, se dépatouillent comme ils peuvent avec ce texte brinquebalant. Ils incarnent des personnages dont les répliques s'entrechoquent parfois comme s'ils ne jouaient pas tous dans le même registre, au même moment. 

Le décor résolument terne, comme il se doit, de chambre d'hôtel est réussi, la musique et les effets sonores aussi, mais ils n'arrivent pas à effacer un tableau d'ensemble fort chambranlant.

Bref, c'est plus à une confusion qu'à un mélange réussi des genres qu'on assiste ici. Comme si les artisans du spectacle avaient manqué de temps pour prendre des décisions cohérentes et assurer une meilleure cohésion à la pièce. 

Le sujet des Manchots aurait mérité un souffle à la Five Kings. Il doit se contenter d'une respiration saccadée, un bouche-à-bouche au goût de mauvaise haleine.

* * 1/2

Les manchots. Texte et mise en scène d'Olivier Kemeid. Au Quat'Sous jusqu'au 1er avril.




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