Peter MacLeod: la liberté a le dos large

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Reconnu et applaudi par son public pour son irrévérence et ses provocations, l'humoriste Peter MacLeod n'a pas failli à sa réputation en tentant de tester les limites de la liberté d'expression, en utilisant notamment des clichés raciaux dont le bon goût reste bien discutable.

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Sommes-nous moins libres qu'avant? C'est la question à laquelle Peter MacLeod a tenté de répondre hier soir au Théâtre St-Denis dans le cinquième spectacle de sa carrière, Libre - Sexe, argent... et vérité.

Reconnu et applaudi par son public pour son irrévérence et ses provocations, l'humoriste n'a pas failli à sa réputation en tentant de tester les limites de la liberté d'expression, en utilisant notamment des clichés raciaux dont le bon goût reste bien discutable. Mais nous y reviendrons.

Tout juste monté sur scène, Peter MacLeod presse les spectateurs de bien vouloir fermer leurs téléphones cellulaires, outils technologiques parmi tant d'autres dont nous sommes esclaves dans notre société. L'humoriste se lance dans une série de blagues sur Facebook, monde où les amis virtuels vivent heureux et blasés. «S'envoyer des photos de spaghettis, c'est pas ça la vie», lance Peter MacLeod, dont les propos semblent un peu dater. 

Le réseau social qui existe depuis une bonne décennie a été bien souvent la cible des humoristes au cours des dernières années. Et MacLeod n'apporte rien de bien neuf dans tout cela. 

Après un monologue sur la surconsommation, Peter Macleod s'aventure en terrain glissant pour parler des gens offensés par n'importe quoi. Il se livre alors à un petit jeu bien dangereux: dire tout haut ce que, selon lui, tout le monde pense tout bas.

«L'automobile a été inventée pour les Blancs. J'ai ben des problèmes, mais je ne suis pas raciste. Prenons l'exemple des Chinois. Ils sont pas faits pour ça, chauffer un char», lance Peter MacLeod, avant d'ajouter: «Y a pire que la vieille madame chinoise au volant, y a le monsieur noir.» 

Faire des blagues racistes en précisant d'abord que l'on n'est pas raciste, c'est un peu comme déclarer qu'on n'est pas homophobe parce qu'on a un ami gai. 

Nous aurions sans doute mis ses propos sur le compte de la provocation gratuite si le ton utilisé par Peter Macleod n'avait pas été aussi récurrent. 

Quand l'humoriste aborde ensuite la liberté de culte, son discours rappelle celui parfois déviant utilisé au cours du débat sur le projet de charte des valeurs. Le voile, le burkini, la prière, tout y passe. «On peut rire des religions, il faut le dire à ce monde-là qui s'installe chez nous que nous ne sommes pas pareils ici», dit-il. Si l'humoriste est libre de tout dire, nous nous réservons le droit de ne pas rire.

Dans un tout autre ordre d'idées, Peter MacLeod enchaîne en parlant du filtre à la vulgarité que l'on s'impose en couple, mais aussi avec les enfants. On retrouve dans cette dernière ligne droite du spectacle un Peter MacLeod plus proche de ses racines humoristiques, assis bière à la main pour «chialer» sur le trafic, la météo ou encore les végétaliens, avant de se glisser dans la peau du vieux garçon haïssant les activités de couple. «Moi, le Jardin botanique... À moins que tu me suces dans un bosquet», lance-t-il tout en finesse.

Peter MacLeod n'hésite pas à conclure en parlant de l'accident d'avion qui a failli lui coûter la vie en 2013. «La liberté, je l'ai connue quand j'ai eu mon accident», confie-t-il aux spectateurs sur une note plus sérieuse, les invitant à croquer la vie à pleines dents.

La liberté a le dos bien large dans ce nouveau spectacle de Peter Macleod qui sonne parfois comme un «vieux mononcle». Au terme des 90 minutes qu'aura duré son plaidoyer pour la liberté, on se demande plus que jamais si on peut vraiment rire de tout. On ose encore y croire. Mais il faut en avoir les moyens. Et on ne parle pas ici de billets de banque.

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Au Théâtre St-Denis ce soir et demain.

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