Prom Queen: le bal en «queer»

La comédie musicale Prom Queen est inspirée de... (photo fournie par le Centre Segal)

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La comédie musicale Prom Queen est inspirée de la véritable histoire de Marc Hall, un élève homosexuel ontarien qui s'est battu pour pouvoir être accompagné de son petit ami à son bal de finissants. Le rôle de l'adolescent est ici défendu par Alessandro Costantini (au premier plan, au centre).

photo fournie par le Centre Segal

La PresseLuc Boulanger 3/5

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Avant le débat national autour du mariage entre conjoints de même sexe, il y a eu l'affaire Marc Hall en Ontario. En 2002, dans une école secondaire d'Oshawa, l'adolescent décide d'inviter son chum à son bal de finissants. La direction de l'école catholique s'y oppose farouchement et menace de l'expulser. Avec l'aide de sa famille, Marc Hall prendra un avocat et demandera une injonction contre la commission scolaire afin d'amener son copain au bal de finissants. La cour lui donnera raison.

Sous le titre de Prom Queen, le Centre Segal présente en première mondiale la création d'un musical basé sur cette histoire qui a fait l'actualité. Et quel beau prétexte pour une comédie musicale! Une histoire d'amour, de justice et de droit au bonheur. Et qui, comme dans toute bonne comédie musicale, finira bien.

Vue en avant-première, mercredi soir au Centre Segal, elle relève avec brio ce défi. Si la production n'est pas tout à fait au point, elle est bien menée par une troupe de 26 interprètes (18 acteurs et 8 musiciens) sous l'habile direction musicale de Mark Camilleri.

Vivre sa vie

Marc Hall est un élève doué, studieux et voué à une belle carrière d'astronome. Loin du jeune gai intimidé et mal dans sa peau, il accepte sa différence comme un cadeau du ciel (sa famille est catholique et pratiquante). Il a décidé d'être lui-même, de ne pas (se) mentir et de célébrer sa différence au lieu de la cacher. «How can something be wrong when it feels so right?», chante-t-il quand les autorités scolaires lui disent qu'il vit dans l'abomination. 

Malgré quelques maladresses dans l'interprétation, une mise en scène un peu convenue et quelques temps morts au deuxième acte, Prom Queen est une comédie musicale touchante et fort réussie.

Avant le débat national autour du mariage... (photo fournie par le Centre Segal) - image 2.0

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photo fournie par le Centre Segal

La soirée nous réserve plusieurs belles chansons et nous fait découvrir de très belles voix. Mentionnons You Can Be Infinite, le cri du coeur de Marc chanté avec conviction par l'excellent Alessandro Costantini (un acteur à surveiller!).

La distribution, formée de talents émergents et d'artistes d'expérience, est très solide dans l'ensemble. Mentionnons le charismatique Jonathan Cullen, qui était de la tournée nationale de Book of Mormon; Gabi Epstein (Funny Girl), qui joue l'enseignante Miss Lawrence; et le baryton David Silvestri (Kinky Boots), dans le rôle de l'avocat de Hall.

Depuis peu, on assiste à un regain d'intérêt pour la création de comédies musicales au Canada anglais. Les compagnies veulent offrir autre chose que des spectacles made in Broadway en s'inspirant de sujets de notre propre histoire: le combat de Terry Fox (Marathon of Hope: The Musical); l'accueil des passagers à Gander, à Terre-Neuve-et-Labrador, lors des attentats du 11 septembre 2001 (We Come from Away); la lutte d'un adolescent gai pour vivre sa vie sans peur ni reproches... 

Prom Queen en est un bel exemple. Et la production a le potentiel pour aller à Broadway!

* * * 1/2

THEÂTRE MUSICAL. Prom Queen: The Musical. De Kent Staines (livret), Akiva Romer-Segal (paroles) et Colleen Dauncey (musique). Mise en scène de Marcia Kash. En anglais; au Centre Segal, jusqu'au 20 novembre.

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