Terminus: voyage au bout de la nuit

La comédienne Alice Pascual est sublime dans Terminus,... (Photo Suzanne O'Neill, fournie par La Licorne)

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La comédienne Alice Pascual est sublime dans Terminus, présentée à La Licorne.

Photo Suzanne O'Neill, fournie par La Licorne

La PresseLuc Boulanger 3/5

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Mark O'Rowe possède un indéniable don pour imaginer des récits cauchemardesques et de rocambolesques virées urbaines. Sa plume, trempée dans l'humour noir, carbure à l'intensité.

Cet automne, le Théâtre de la Manufacture nous propose, avec Terminus, une troisième pièce du dramaturge irlandais, et de nouveau traduite par Olivier Choinière. Après la décapante Howie le Rookie, puis Tête première, présentées à La Licorne en 2002 et 2005, l'intensité est toujours au rendez-vous avec Terminus. Toutefois, la production manie moins bien l'humour cinglant et abrasif et on s'y perd un peu dans le dédale de mots.

Terminus est une oeuvre chorale avec trois personnages. Une ex-professeure homophobe, devenue bénévole dans un centre d'appels (Martine Francke, juste), qui tente de sauver le bébé d'une ancienne élève, une jeune femme en fuite qui s'éprend d'une créature repoussante (extraordinaire Alice Pascual) et un tueur en série en cavale qui rêve de devenir chanteur (Mani Soleymanlou, toujours impayable). Vendront-ils leur âme au diable pour arriver à se sortir de leur marasme existentiel?

L'enfer, c'est nous autres

La trame narrative de Terminus est formée des monologues de ces trois âmes esseulées. Ils vont se croiser sans vraiment se voir lors d'une «nuit de fin du monde», au milieu d'une scène sans décor, se fondant dans des projections qui viennent illustrer leur flot de mots crus, violents. Tout ce beau monde déborde d'urgence de dire. Comme si le seul moyen d'en finir avec le non-sens de leur vie, c'était de mordre dans la rage et la désobéissance.

La mise en scène très sobre, un brin trop sage, est signée Michel Monty. La conception de la vidéo est l'oeuvre de Johnny Ranger. Vous aurez compris que l'essentiel de la représentation se situe dans le jeu des interprètes. Ces derniers habitent complètement leur personnage, avec une mention spéciale au jeu très physique, expressif et polyvalent d'Alice Pascual, une actrice de haut vol!

On s'y perd un peu en cours de route, car Terminus manque de distance et du regard empreint d'humanité de Howie le Rookie. Reste le fond de critique sociale d'un pays (l'Irlande) qui, pour se sortir d'une crise économique, a sacrifié le bébé avec l'eau du bain.

* * *

Terminus. De Mark O'Rowe. Mise en scène par Michel Monty. Avec Martine Francke, Alice Pascual & Mani Soleymanlou. À La Licorne jusqu'au 29 octobre.

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